La science l’a démontré : les pauvres sont plus généreux que les riches

Depuis toujours, l’argent et les statuts sociaux ont été au cœur des débats et des préoccupations. De Molière (qui en fait des comédies) à Keynes (économiste théoricien) en passant par Karl Marx (père du communisme), beaucoup ont écrit sur ce sujet. Plus récemment, des chercheurs anglais se sont penchés sur la question de notre rapport à l’argent et ont mené une petite expérience. 

Les pauvres plus généreux que les riches

C’est un fait : l’argent est au centre de nos vies et de nos intérêts. On parle généralement de « nerf de la guerre » pour le qualifier. Mais sait-on vraiment pourquoi certains sont généreux et d’autres radins, et est-ce que le statut d’une personne influe sur son comportement par rapport à l’argent ? C’est pour répondre à cette question que des chercheurs de l’Université Queen Mary de Londres ont mené une étude sur un panel de personnes. Le résultat est assez intéressant : les personnes gagnant plus d’argent sont moins enclines à donner que celles qui gagnent moins. Pour arriver à cette conclusion, les chercheurs ont proposé à des gens de jouer pour de l’argent. Au début de l’étude, on détermine le statut de chaque joueur : « les statuts élevés » et « les statuts bas ». Les premiers recevant plus d’argent au début de l’expérience que les seconds.

Dans cette expérience, les « joueurs » doivent choisir quel montant ils veulent garder et combien ils donnent à un fonds commun. On distingue dans les riches, ceux qui ont acquis cette richesse par hasard et ceux qui ont fait des efforts. Les chercheurs ont alors constaté lors de cette étude que les participants plus pauvres donnent plus au fonds commun que les plus riches. Et parmi les plus riches, ceux qui ont travaillé pour l’être donnent encore moins que ceux qui ont acquis leur richesse par hasard ou chance. D’après Magda Osman, auteur principale de cette étude et professeur à l’Ecole Queen Mary de Biologie et de Sciences, « pour les individus au statut élevé, la façon dont ils ont acquis leur richesse semble être le facteur clé déterminant leur degré de coopération« . En revanche, pour ceux au statut bas, la façon dont ils acquièrent leur faible richesse n’influe en rien dans leur comportement.

Les plus riches ont tendance à vouloir conserver ce qu’ils ont gagné

L’empathie n’entre pas en ligne de compte

Finalement, les conclusions faites à partir de cette expérience sont assez logiques. Toujours selon Osman, si une personne obtient un statut élevé et une certaine richesse en ayant fait beaucoup d’efforts, elle va souhaiter conserver ce qu’elle a gagné. En revanche, lorsque votre richesse est plus limitée, vous avez une plus grande motivation à donner. Cela amène à un autre point important de l’étude : ceux qui donnent plus ne le font pas forcément par empathie. « L’idée ici est que même si quelqu’un coopère activement et donne, il n’y a aucune raison de croire qu’il le fait par pur altruisme« , affirme Magda Osman. Selon elle, ceux qui donnent espèrent qu’en agissant de la sorte, d’autres feront de même et qu’ils finiront par en profiter aussi.

Hélas, il n’y a aucune garantie que les autres agiront de la même manière dans le jeu. En d’autres termes, les personnes au faible statut prennent plus de risques à donner plus, car il n’y a aucune certitude que d’autres feront pareil. C’est donc une découverte intéressante : l’empathie n’entre pas en ligne de compte quand il s’agit d’argent et quand il faut contribuer à un fonds commun. « Cette découverte est importante car souvent on affirme que l’empathie est la colle qui lie les gens et donne une conscience sociale. Ce que nous montrons ici, c’est que quand il y a de l’argent en jeu, l’empathie ne joue pas« , conclue Magda Osman.

Les moins riches donnent souvent avec l’idée qu’ils pourront être aidés un jour

Il semble donc que les personnes plus pauvres sont généralement plus généreuses que les plus riches. Si ces derniers agissent ainsi pour conserver leur statut et ce qu’ils ont gagné, les autres donnent moins par empathie que par volonté d’en profiter un jour.


À la Renaissance, loucher était caractéristique de beauté pour les femmes italiennes.

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