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Un nombre conséquent d’astres ont récemment été observés en train d’éjecter d’énormes salves de particules chargées électriquement dans le cosmos. Un comportement qui pourrait renseigner les astronomes sur la potentielle habitabilité des planètes orbitant autour d’eux.

21 éjections de masse coronale identifiées

Les étoiles semblables au Soleil sont à l’origine d’éjections de masse coronale, d’énormes éruptions de particules chargées électriquement provenant de leur atmosphère extérieure, causées par des instabilités dans le champ magnétique de l’astre. Et il se trouve que celles-ci sont souvent associées à des éruptions solaires, puissants éclairs lumineux résultant du réalignement explosif de champs magnétiques distordus.

Si de telles éruptions ont pu être observées assez facilement sur d’autres étoiles, les éjections de masse coronale se révèlent beaucoup plus difficiles à distinguer, car elles se trouvent masquées par l’éclat de l’étoile. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Nature Astronomy, Astrid Veronig et ses collègues de l’université de Graz en Autriche ont employé une nouvelle méthode leur ayant permis de repérer 21 évènements de ce type. Un record.

L’équipe s’est appuyée sur les données historiques de trois télescopes spatiaux afin d’étudier les émissions d’ultraviolets et de rayons X, de plus de 200 astres. Particulièrement intenses, ces dernières proviennent uniquement de l’atmosphère extérieure chaude d’une étoile, connue sous le nom de couronne, où les températures atteignent des millions de degrés.

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Au total, d’importantes baisses de ces émissions, pouvant durer jusqu’à 10 heures, ont été observées pour 13 étoiles. Selon les auteurs de l’étude, de telles variations interviennent lorsque d’importantes quantités de matière sont éjectées dans l’espace, réduisant ainsi momentanément la masse de leur couronne.

D’importantes implications pour la recherche de planètes habitables

Dans certains cas, les éjections étaient phénoménales. « Les événements les plus forts ont entraîné une diminution [des émissions d’UV et de rayons X] de 50 % », souligne Veronig. « En se basant sur les différentes études de notre Soleil, on pense que la couronne des astres retrouve sa masse initiale en l’espace de quelques heures ou quelques jours. »

Les scientifiques autrichiens estiment que leur méthode pourrait être à l’avenir utilisée pour identifier les éjections de masse coronale d’autres étoiles, ce qui pourrait nous fournir des informations vitales sur l’activité des astres se révélant similaires au Soleil, avec des implications potentielles pour l’habitabilité des planètes en orbite autour d’elles.

« Si une puissante éjection de masse coronale intervient et qu’une planète se trouve sur sa trajectoire et suffisamment proche de l’astre, un tel évènement pourrait annihiler son atmosphère », conclut la chercheuse.

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