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La disparition d’une étoile massive dans la galaxie d’Andromède intrigue les astronomes

Effondrement direct en trou noir ou fusion stellaire ?

La galaxie d’Andromède — © Giuseppe Donatiello / Flickr

Lorsqu’une étoile massive arrive à la fin de sa vie, elle peut s’effondrer directement en trou noir plutôt que d’exploser en supernova, et les astronomes pensent avoir observé un rare exemple de ce phénomène dans une galaxie proche.

Phénomènes exotiques

En 2024, Kishalay De, de l’université Columbia, et ses collègues s’étaient penchés sur un astre à la luminosité inhabituelle dans la galaxie voisine d’Andromède. D’une masse environ 20 fois supérieure à celle du Soleil, l’étoile M31-2014-DS1 s’était mise à briller intensément pendant une brève période en 2014, avant de s’assombrir considérablement entre 2017 et 2020.

Si ces observations correspondaient au schéma attendu pour une « supernova ratée », avec un astre s’effondrant sous le poids de sa propre gravité et formant directement un trou noir, aucun signe (tel que des émissions de rayons X) du possible monstre cosmique.

Dans le cadre de travaux pré-publiés sur le serveur arXiv, la même équipe a de nouveau sondé cette poche de cosmos à l’aide du télescope spatial James-Webb et de l’observatoire à rayons X Chandra, révélant la présence d’un objet rouge pâle là où se trouvait auparavant l’étoile. Affichant une luminosité 92 % plus faible que celle de M31-2014-DS1, il s’avère entouré d’un épais cocon de poussière. Deux caractéristiques renforçant selon eux l’idée qu’il s’agisse d’un très jeune trou noir.

S’appuyant sur le même ensemble de données, l’équipe d’Emma Beasor, de l’université John Moores, au Royaume-Uni, est moins catégorique, et suppose qu’il pourrait tout aussi bien s’agir de la fusion de deux astres, caractérisée par un bref éclat lumineux suivant d’un assombrissement dû aux énormes quantités de poussières libérées. « Quel que soit le scénario, il s’agit de phénomènes exotiques », note la scientifique.

De nouveaux indices attendus

Pour Gerard Gilmore, de l’université de Cambridge, ces observations illustrent la puissance de l’astronomie multi-longueurs d’ondes.

« La confirmation définitive de la présence d’un trou noir à l’emplacement de M31-2014-DS1 passera par l’identification d’un rayonnement X », note le chercheur. « Mais l’étude approfondie des effets de l’évènement observé à l’aide d’un télescope puissant comme James-Webb fournira de nouveaux indices précieux. »

L’année dernière, une étude avait révélé un phénomène jamais observé au cœur de la célèbre supernova Cassiopée A.

Par Yann Contegat, le

Source: New Scientist

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