Simple et révolutionnaire : cette usine produit de l’électricité en éliminant nos déchets !

Déjà reconnu pour être un pays éco-responsable et très investi dans les énergies renouvelables, l’Ethiopie continue toujours dans cette démarche avec l’inauguration d’une centrale à double fonction : brûler les tonnes de déchets présents sur le territoire et produire de l’électricité pour l’équivalent de 3 millions d’habitants.

Avec un peu plus de 107 millions d’habitants, l’Ethiopie est le deuxième pays d’Afrique le plus peuplé derrière le Nigéria et fait partie des pays avec le plus fort taux de croissance au monde. Avec une telle densité humaine et n’ayant pas accès à des ressources comme le pétrole, le nucléaire ou le gaz, l’Ethiopie s’est naturellement retournée vers les énergies alternatives. Pour cela, elle a massivement investi dans les énergies vertes, on peut citer parmi elles l’hydroélectrique, la géothermie, l’énergie éolienne et la biomasse.

Depuis 1990, le pays investit dans d’importants projets visant à produire de l’électricité (le barrage Gibe III par exemple), sujet critique puisque un nombre important de la population n’est pas connecté à un réseau électrique et/ou alors connecté mais soumis à des coupures régulières. Depuis, le pays connait une très forte progression et une très grande productivité avec une augmentation de 700 % de sa production d’électricité en l’espace de 25 ans.

Néanmoins, le pays fait, en parallèle, face à un accroissement de déchets au point de constituer une menace pour le pays. En effet, en mars 2017, un immense éboulement d’ordures dans la décharge principale du pays (créée en 1960 et depuis saturée) a causé la mort d’au moins 110 personnes.

Barrage Gibe III  © Wikimédia/Mimi Abebayehu

 

Le recours à la biomasse comme solution

Face à une telle situation, le gouvernement éthiopien n’a pas tardé à agir. L’Etat a fait construire, dans la capitale, une immense usine d’élimination de déchets qui a aussi cette double fonction d’être une usine de biomasse, c’est-à-dire une usine de production d’électricité. Une construction qui a débuté en 2014 et dont l’inauguration a eu lieu au mois d’août 2018. Le procédé de conversion d’énergie se fait une fois que les déchets y sont brûlés. La chaleur est alors gardée et exploitée dans le but de faire bouillir une eau qui, transformée en vapeur, actionnera une énorme turbine qui produira alors de l’électricité.

Une double combinaison gagnante puisqu’en plus de réduire de façon astronomique des tonnes de déchets (on parle de près de 1 400 tonnes de déchets brûlés chaque jour), l’usine produira assez d’électricité pour trois millions d’habitants, ce qui correspond à environ un quart de la population totale de la capitale. En outre, cette usine permettra de libérer de l’espace dans les décharges, de réduire la contamination des eaux souterraines par des substances chimiques ou toxiques et aussi de réduire la quantité de méthane rejetée dans l’atmosphère.

 

Une progression toujours en hausse à l’horizon

Déjà plus que reconnue comme un pays éco-responsable de par ses mesures prises pour les énergies renouvelables, l’Ethiopie voit les choses en grand : elle a même revu son budget en ce sens, ce qui se traduit par d’importants projets comme le Barrage de la Renaissance ou des fermes éoliennes. D’ici 2030, en plus de réduire ses rejets de CO2 de 64 %, elle prévoit d’augmenter sa production globale d’énergie d’au moins 20 à 25 % par an sur ces prochaines années.

©pixabay/fatherofsa

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