manchot préhistorique
Vue d’artiste d’Eudyptula wilsonae — © Simone Giovanardi / Thomas al. / The Journal Of Paleontology 2023

La Nouvelle-Zélande est connue pour abriter quatre espèces de manchots modernes, dont la plus petite au monde. De récentes analyses de crânes fossilisés suggèrent que son probable lointain ancêtre était encore moins grand.

Eudyptula wilsonae

Les nouveaux spécimens fossiles ont été extraits de la formation de Tangahoe (île du Nord). Similaires à ceux des manchots pygmées, plus petits manchots modernes, les deux crânes s’avèrent toutefois légèrement plus étroits. Si l’absence d’autres ossements rend difficile l’estimation précise de la taille de l’animal, il est probable que les représentants de cette espèce préhistorique étaient encore plus petits que leurs minuscules descendants, ne dépassant pas 30 centimètres de haut pour un poids d’1,5 kilo.

Décrite dans The Journal of Paleontology, la nouvelle espèce a été baptisée Eudyptula wilsonae, en l’honneur de l’ornithologue Kerry-Jayne Wilson, qui œuvrait à la conservation des habitats littoraux de la côte ouest de la Nouvelle-Zélande.

Selon l’équipe, ces témoignages vieux de 3 millions d’années contribuent à éclairer l’évolution des manchots, qui vivaient initialement dans des mers beaucoup plus chaudes qu’aujourd’hui.

manchot préhistorique
L’un des deux crânes fossilisés étudiés par les chercheurs — © Thomas al. / The Journal Of Paleontology 2023

L’examen des caractéristiques crâniennes suggère en effet que la structure osseuse de ces oiseaux marins n’a que peu changé depuis le Pliocène, en dépit des bouleversements climatiques et environnementaux intervenus. Impliquant qu’Eudyptula wilsonae soit probablement l’ancêtre des petits manchots vivant actuellement en Australie et en Nouvelle-Zélande.

Résilience évolutive

« Ces fossiles nouvellement découverts indiquent que les petits manchots font partie des écosystèmes côtiers du continent Zealandia depuis au moins 3 millions d’années », estime Daniel Thomas, auteur principal de l’étude. « C’est important quand on pense à leurs origines, leur diversité actuelle et l’environnement dynamique dans lequel ils vivent. Le climat a beaucoup changé au cours de cette période et cette lignée a bien résisté à ces changements. »

En début d’année, une autre équipe néo-zélandaise avait décrit deux espèces de manchots préhistoriques géants ayant vécu il y a 55 à 60 millions d’années, incluant la plus massive connue (Kumimanu fordycei), dont les représentants dépassaient les 150 kilos.

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