L’Agence pour la protection de l’environnement (EPA), qui s’occupe de tester des substances chimiques sur des animaux avant de les proposer aux hommes, vient d’annoncer l’abandon définitif de ces tests sur les mammifères d’ici 2035. Une victoire pour les associations de défense des animaux.

Un objectif d’ici 2035

Cette semaine, l’EPA a annoncé qu’elle éliminerait tous les tests sur les mammifères d’ici 2035. Dans le même temps, 4,25 millions de dollars ont été octroyés à cinq universités, afin de financer des recherches sur des méthodes alternatives et durables. Que ce soit pour remplacer ces animaux vertébrés ou pour réduire les coûts, une durée de plus de 15 ans sera nécessaire pour tourner la page, d’après l’organisme.

Pour rappel, l’EPA (et bien d’autres organismes) s’appuie depuis longtemps sur des tests sur des animaux, afin de déterminer les risques que certains produits chimiques, pesticides par exemple, peuvent présenter pour l’homme et sa santé. Andrew Wheeler, le directeur de l’Agence de protection de l’environnement, a déclaré qu’il y a désormais suffisamment de progrès scientifique pour prédire les dangers potentiels.

Il n’y a donc plus besoin de s’appuyer sur des méthodes traditionnelles reposant sur des tests sur des animaux. Il faut donc se tourner vers de nouvelles méthodes d’approche (ou NAM) qui incluent des technologies, des méthodologies ou des approches différentes et novatrices.

– unoL / Shutterstock.com

Une victoire absolue ? 

Avant l’objectif de 2035, l’EPA réduira de 30 % ses demandes d’études sur les mammifères et son financement, d’ici 2025. Wheeler rajoute également que les tests sur les animaux “sont très coûteux, et prennent beaucoup de temps”. Actuellement, il est difficile d’estimer le nombre d’animaux qui seront affectés par ces changements. Selon l’EPA, ce sont entre 20 000 et 100 000 mammifères qui sont utilisés dans les études de toxicologie chaque année. Pour d’autres, la fourchette basse de cette estimation est la plus réaliste. Ainsi, des milliers de souris, de rats, de lapins qui sont utilisés pour évaluer les dégâts de certains produits polluants et toxiques, seront épargnés.

Cette décision est une “victoire décisive pour les contribuables, les animaux et l’environnement” d’après Justin Goodman, le vice-président de la défense des droits et des politiques publiques du White Coat Waste Project. Les organisations de défense des animaux se sont largement battues au cours de ces dernières années afin de mettre en application des changements dans ce domaine. En réaction, la PETA s’est félicitée de cette décision, qui protège à la fois les animaux, mais également les humains et l’environnement. Pour les militants, cela permet d’abandonner “des tests cruels et scientifiquement erronés sur les animaux, au profit des nouvelles méthodes d’expérimentation modernes et non animales”.

Pour d’autres, comme Jennifer Sass, une biologiste au Natural Resources Defence Council, c’est “très décevant et très frustrant”. Pour elle, cela favorisera le contact des produits chimiques potentiellement dangereux avec notre environnement et nos produits de consommation. De plus, elle remet en cause les alternatives non animales que l’industrie pourrait créer d’ici 2035, qu’elle ne juge pas encore au point. Quoi qu’il en soit, le rendez-vous est pris : l’agence fédérale américaine chargée de tester les substances chimiques arrêtera ses tests sur les mammifères d’ici 2035 !

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