— Sunart Media/Shutterstock.com (image d’illustration)

Une organisation de défense des droits humains accuse les géants de l’industrie des appareils électroniques et voitures électriques — Apple, Microsoft, Tesla, Dell et Alphabet (maison mère de Google) — de jouir des fruits du travail forcé d’enfants dans les mines de cobalt de République démocratique du Congo (RDC), au nom de jeunes garçons morts ou blessés dans des accidents. Si les entreprises font appel à des sous-traitants pour se fournir en matières premières, la plainte indique que celles-ci sont au fait de la situation sans avoir réagi.

Notre avidité pour les appareils électroniques a un coût

La demande de matières premières provenant de l’exploitation minière explose, pour répondre aux besoins toujours croissants de batteries et composants électroniques. Le cobalt, notamment, présent dans de nombreuses batteries, se trouve aujourd’hui extrait en majorité en RDC.

Une organisation de défense des droits humains, International Rights Advocates (IRA), a lancé en justice — au nom de 14 plaignants, victimes et membres de la famille d’enfants tués ou mutilés dans des accidents — une action collective contre Apple, Microsoft, Tesla, Alphabet et Dell. IRA accuse les firmes d’être complices de travail forcé sur des enfants, et de « soutenir et encourager des maltraitances extrêmes dans l’extraction minière du cobalt en RDC ».

Les victimes ont été tuées dans l’effondrement de tunnels ou de murs ; l’accusation porte également sur l’exploitation de mineurs et les conditions de travail dans ces mines. Selon la plainte, les enfants sont « payés un ou deux dollars par jour à fournir du cobalt pour les coûteux gadgets produits par les entreprises parmi les plus riches du monde ». Les titres d’accusation incluent également « enrichissement injuste, supervision négligente et provocation intentionnelle de détresse émotionnelle ».

Les entreprises concernées le savent depuis longtemps, selon les plaignants

IRA est catégorique : les entreprises concernées connaissent les conditions de l’extraction du cobalt en RDC, sans pour autant avoir réagi. L’organisation pointe du doigt la modernité des produits finis, au vu de l’archaïsme des pratiques pour les concevoir.

« Les accusés connaissent et ont connu sur une période étendue la réalité de la dépendance du secteur de l’extraction du cobalt de RDC aux enfants, avec des garçons fournissant un travail dans des conditions des plus dangereuses dans des mines de cobalt primitives, y compris l’excavation de tunnels. Ces garçons travaillent dans des conditions dignes de l’Âge de pierre pour des salaires dérisoires et à des risques inconsidérés pour fournir du cobalt, essentiel dans le prétendu secteur du « high-tech », dominé par les accusés et d’autres compagnies. »

En attendant, IRA promet de poursuivre les recherches afin de porter devant la justice toutes les entreprises qui profitent de ce système, et annonce la fin de leur immunité totale : Dr Liwanga, expert congolais en travail forcé d’enfants faisant partie de l’équipe qui a lancé le recours en justice, affirme que « cela marque le début de la fin de l’impunité pour ceux qui ont bénéficié économiquement du travail des enfants dans l’industrie minière de RDC. Les enfants de RDC ont aussi un droit inhérent et inaliénable d’être protégés de l’exploitation économique. » 

Vous pouvez retrouver la plainte complète ici.

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« Les sociétés sont informées de ces pratiques »…Quelques cadres oui,mais pas l’immense majorité des actionnaires…C’est au journalistes de faire leur job.La finance ESG est en court.(pour éviter en marche)