— William Perugini / Shutterstock.com

Ces dernières années, le marché agroalimentaire a connu une progression très importante du label bio. De plus en plus prisé par le consommateur qui cherche des produits plus sains, les prix sont régulièrement plus élevés que les aliments traditionnels. Si le consommateur associait cette différence par la méthode de production, moins industrialisée, UFC-Que Choisir a mené une étude à ce sujet qui rebat les cartes. L’association y dénonce notamment des marges “exorbitantes” de la part des grandes surfaces…

Des prix totalement gonflés

L’étude a été publiée dans le dernier numéro de l’association de défense des consommateurs UFC-Que choisir. Les grandes surfaces sont alors directement ciblées par l’enquête qui met en avant leurs pratiques de surmarges sur des produits étiquetés bio. À titre de comparaison, il est explicitement écrit que les marges pratiquées par la grande distribution sur les fruits et légumes issus de l’agriculture bio sont, en moyenne, 75 % plus chers que ces mêmes marges sur des fruits dits classiques.

Ces grandes enseignes ne pratiquent pas la même politique pour toutes les catégories de produits. L’association a, notamment, analysé les cotations officielles de 24 fruits et légumes, et y a constaté des différences majeures. On y apprend par exemple que les produits les plus consommés par les clients sont les plus susceptibles de souffrir de marges importantes. Les pommes de terre, par exemple, ont une marge supérieure à 83 % par rapport aux pommes de terre classiques. S’ensuivent alors les tomates avec plus 109 %, les pommes, avec plus 149 % et enfin, les poireaux avec 165 %. 

De faux arguments

Pour s’expliquer de cette différence de tarif, les grandes enseignes avancent que les méthodes de production de l’agriculture biologique coûtent, en moyenne, beaucoup plus cher qu’une agriculture classique. Les rendements ne sont pas les mêmes, et cela pèse sur le prix du produit qui est proposé aux clients. L’association de défense des consommateurs UFC rappelle cependant que cet argument ne suffit pas à expliquer ce surcoût agricole. En se référant notamment à l’exemple de la pomme biologique, qui a une marge de 149 % de la part des grandes enseignes, et qui coûte en moyenne deux fois plus cher qu’une pomme conventionnelle. Cela interpelle l’association qui rappelle que le prix agricole, lui, n’est supérieur que de 70 %. La différence est donc majeure et inexplicable.

En 2017, l’UFC avait déjà mené une enquête sur le même secteur. En comparant les résultats, l’association a relevé que « la marge brute globale pratiquée par la grande distribution sur la consommation de bio n’a que très légèrement diminué (de seulement 6 %)”. Une petite réduction donc, qui reste toutefois infime si l’on se rapporte à l’ensemble des produits largement surmargés. 

La véritable explication à ces prix gonflés pourrait se trouver dans la concurrence. Au cours de ces deux dernières années principalement, un tas de petites enseignes misant sur le bio ont éclos, et proposent des produits similaires. Globalement, le prix de l’étiquette bio est plus élevé qu’en grande surface. En revanche, si l’on ne s’intéresse qu’aux fruits et légumes, ils sont en moyenne 19 % moins chers…

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