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Des chercheurs ont fait une découverte incroyable : la croissance des tumeurs pouvait être inhibée grâce à un élément naturel et efficace : les nanoparticules contenues dans l’encre des seiches. Seulement testée et prouvée sur les souris, l’encre de seiche, un élément naturel et accessible, pourrait être un nouveau traitement efficace contre le cancer.

L’encre de seiche, un élément prometteur ?

Les chercheurs dirigés par Pang-HU Zhou à l’hôpital Renmin de l’université chinoise de Wuhan et Xian-Zhen Zang ont publié cet article sur la capacité des nanoparticules de l’encre de seiche à inhiber la croissance tumorale dans ce récent numéro de l’ACS Nano.

Ils ont alors découvert que l’encre de seiche, un liquide noir expulsé par les seiches pour désemparer les prédateurs, contient des nanoparticules qui inhibent fortement la croissance de tumeurs cancéreuses chez la souris. Ces nanoparticules sont essentiellement de la mélanine, avec des acides aminés, des monosaccharides (sucres simples), des métaux et d’autres composés. Les chercheurs ont montré que les nanoparticules modifient la fonction immunitaire pour les tumeurs, et quand elles sont combinées à l’irradiation, elles peuvent complètement inhiber la croissance tumorale.

“Nous avons trouvé des nanoparticules naturelles de l’encre de seiche avec une bonne biocompatibilité qui peut atteindre efficacement l’immunothérapie tumorale et la thérapie photothermique simultanément”, explique Zhang au site Phys.org.

© Hans Hillewaert / CC BY-SA 4.0 /WikiCommons

Une lutte difficile contre les tumeurs

L‘immunothérapie tumorale c’est combattre le cancer avec le propre système immunitaire du corps. Deux stratégies existent : les macrophages (leucocytes) engloutissent et détruisent les cellules cancéreuses à travers le processus de phagocytose et l’activation des cellules T, les globules blancs, entre autres (forme M1). Dans le phénotype M2, cette fonction immunitaire est supprimée, ce qui permet à la croissance tumorale de se poursuivre sans contrôle. Dans le cas des tumeurs, le phénotype M2 réussit toujours à surpasser le phénotype M1.

Des chercheurs ont récemment travaillé sur le développement de petites molécules et anticorps capables de convertir des macrophages pro-tumeur (M2) en macrophages anti-tumeur (M1). Au même moment, ils ont conçu des nanoparticules comme des agents photothermiques qui, lorsqu’ils sont exposés à des irradiations, vont détruire localement les cellules cancéreuses par ablation thermique. Ces agents peuvent alors être intégrés dans des nanoparticules synthétisés, pour être éventuellement administrées au patient. Malheureusement, ces nanoparticules synthétiques sont coûteuses et nécessitent des méthodes de préparation compliquées.

Les chercheurs ont alors cherché une alternative plus naturelle, moins coûteuse. 

Un espoir pour le traitement du cancer via des éléments naturels

Dans ce nouvel article, les chercheurs ont trouvé que les nanoparticules de l’encre de seiche, qui sont sphériques et d’environ 100 nm de diamètre, ont cette capacité de permettre cette stratégie anti-tumeur… 

Après avoir confirmé la biocompatibilité de ces nanoparticules, les chercheurs ont effectué plusieurs expériences in vitro avec des cellules tumorales et in vivo avec des souris atteintes de tumeurs. Dans les expérimentations in vitro, les chercheurs ont découvert qu’irradier des nanoparticules tuait environ 90 % des cellules tumorales, alors que les nanoparticules ne présentaient aucune cytotoxicité sans l’irradiation. Cela s’explique par le fait que les nanoparticules ont une forte teneur en mélanine, rôle clé dans le processus d’irradiation, puisqu’elle a cette capacité intrinsèque de conversion photothermique.

Chez la souris, le traitement par nanoparticules s’est avéré efficace à la fois seul et en combinaison avec l’irradiation, bien que l’irradiation ait amélioré davantage le résultat. L’imagerie bioluminescente a révélé que les souris traitées présentaient une bioluminescence tumorale significativement plus faible que les témoins, ce qui indique une réduction importante des métastases sur les organes internes. Les souris traitées par nanoparticules et par irradiation présentaient une inhibition presque complète de la croissance tumorale.

« Notre équipe de recherche étudie actuellement le potentiel biomédical de matériaux naturels tels que les cheveux, l’encre de seiche, les bactéries, les champignons et même les cellules du corps humain en tant que vecteurs de médicaments thérapeutiques« , explique le chercheur Zhang. « En nous inspirant de la nature et en tirant parti de ses caractéristiques propres, nous espérons trouver des recherches intéressantes qui fourniront des solutions nouvelles et efficaces pour le traitement des maladies cliniques. »

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