Mettre un emoji dans une phrase est un acte anodin, mais ce dernier peut se retourner contre vous si vous vous trouvez dans un tribunal américain. Face à la popularité grandissante des emojis, de plus en plus d’affaires possèdent parmi leurs preuves des messages contenant ces symboles. 

 

LES EMOJIS AU TRIBUNAL, UN PHÉNOMÈNE EN PLEIN ESSOR

Dans le cadre d’une affaire présentée devant un juge, les preuves peuvent se trouver n’importe où. Cependant, les juges américains ne s’attendaient pas à voir les emojis se multiplier lors des audiences. Apparus pour la première fois en 2004, ces petits symboles représentant nos émotions ou des objets ont vu leur apparition en tant que preuves exploser.

En 2018, ils étaient impliqués dans 30 % des affaires jugées d’après Eric Goldman, professeur de droit à l’Université Santa Clara. Les emojis sont considérés comme des preuves dans beaucoup de cas, mais ils posent un problème aux juges comme aux avocats : la question de l’interprétation.

 

UNE INTERPRÉTATION VARIABLE ?

Si le message ou l’émotion que l’on veut transmettre paraît clair, l’interprétation peut être différente en fonction des individus. Dans le cadre d’une affaire de proxénétisme, un homme a utilisé les emojis talon, couronne et argent pour parler à l’une de ses employées.

Un expert a considéré ces symboles comme l’interprétation de  « portez vos talons hauts pour gagner de l’argent « et la couronne comme preuve qu’il est roi de ce réseau. Cependant, celle-ci aurait peut être été différente pour une autre personne car il n’existe pas de manière claire de traduire les emojis en mots.

Élément clé en matière de communication, les emojis peuvent aussi changer en fonction de l’appareil d’où ils ont été envoyés. Qu’on soit sous iOS ou sous Android, un emoji souriant peut apparaître beaucoup plus hostile. Autant de facteurs que les cours n’ont pas encore maîtrisés mais qui reste très utiles car les emojis restent des preuves.

 

DES SYMBOLES FACE À LA JUSTICE

Du meurtre au vol en passant par des affaires plus graves, les emojis sont présents dans tous les types d’affaires, en particulier dans le cadre de conversations privées. Toutefois, ces outils n’ont pas encore eu un impact significatif dans la prise de décisions des juges. Dans les mois à venir, leur place en tant que preuve va être soumise à l’avis des tribunaux pour qu’ils puissent être considérés au même niveau que des paroles.

Pour Eric Goldman, « Nous allons voir les emojis se manifester plus fréquemment lorsque l’affaire implique des gens qui se parlent entre eux. Ils se présentent comme des preuves, les tribunaux doivent reconnaître leur existence, mais ils sont souvent sans importance. C’est pourquoi beaucoup de juges décident de dire « emoji omis » parce qu’ils ne pensent pas du tout que c’est pertinent pour l’affaire. »

© FlickR / Mark Fischer

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