Pour égayer Le Caire, un artiste a créé une gigantesque fresque qui s’étend sur 50 bâtiments

EL Seed, un artiste de rue audacieux, s’est déjà fait remarquer à plusieurs reprises pour son travail décalé. Cette fois-ci, c’est au Caire qu’il a décidé d’oeuvrer, y produisant une gigantesque fresque au message fort. SooCurious vous présente sa création.

L’artiste français d’origine tunisienne eL Seed définit lui-même son art comme du « calligraffiti », un subtil mélange entre le graffiti à la bombe et la calligraphie arabe. Depuis quelques années, il a déjà pratiqué son art à de maintes reprises, et notamment à Paris, comme sur la Tour 13 ou sur le pont des Arts.

Your point of view affects what you see #perception #athanasius #zaraeeb #selffunded

Une photo publiée par eL Seed (@elseed) le

En 2016, et pour valoriser la population de Manshiyat Nasr, un quartier du Caire, il s’est rendu dans la capitale égyptienne. Là, les habitants de ce secteur de la ville font l’objet d’une très mauvaise réputation et sont même surnommés les « Zabaleen », soit « le peuple des ordures ». Car l’endroit est bien souvent jonché de poubelles et son architecture favorise l’amoncellement de déchets.

Pourtant, selon eL Seed, « les habitants de la communauté copte de Zaraeeb collectent les détritus de la ville depuis des années et ont développé le système de recyclage le plus efficace à grande échelle » et « sont ceux qui nettoient la ville du Caire ». Pour restaurer l’image des habitants de Manshiyat Nasr, l’artiste a donc conçu une fresque inédite qu’il a appelée « Perception ».

In my new project ‘Perception’ I am questioning the level of judgment and misconception society can unconsciously have upon a community based on their differences. In the neighborhood of Manshiyat Nasr in Cairo, the Coptic community of Zaraeeb collects the trash of the city for decades and developed the most efficient and highly profitable recycling system on a global level. Still, the place is perceived as dirty, marginalized and segregated. To bring light on this community, with my team and the help of the local community, I created an anamorphic piece that covers almost 50 buildings only visible from a certain point of the Moqattam Mountain. The piece of art uses the words of Saint Athanasius of Alexandria, a Coptic Bishop from the 3rd century, that said: ‘Anyone who wants to see the sunlight clearly needs to wipe his eye first.’ ‘إن أراد أحد أن يبصر نور الشمس، فإن عليه أن يمسح عينيه’ The Zaraeeb community welcomed my team and I as we were family. It was one of the most amazing human experience I have ever had. They are generous, honest and strong people. They have been given the name of Zabaleen (the garbage people), but this is not how they call themselves. They don’t live in the garbage but from the garbage; and not their garbage, but the garbage of the whole city. They are the one who clean the city of Cairo. #perception #athanasius #zaraeeb #cairo

Une photo publiée par eL Seed (@elseed) le

En réalité, l’oeuvre d’eL Seed est une anamorphose, soit une déformation réversible d’une image. Ainsi, la globalité de la composition ne peut s’apercevoir clairement qu’en prenant du recul et en observant dans son ensemble la cinquantaine de bâtiments sur lesquels s’étend la fresque. A ce moment-là apparait le message de l’artiste, calligraphié en arabe : « Quiconque veut bien voir la lumière du jour doit d’abord s’essuyer les yeux. »

S’étirant sur 300 mètres, la fresque du « calligraffeur » apparait sous son plus beau jour depuis le point le plus haut du Caire : le Mokattam, une série de collines qui surplombent la capitale égyptienne et permettent désormais d’admirer le message d’eL Seed.

What you see is not what you think #perception #athanasius #zaraeeb #mubarakcha3abMasr #bestlifeproject

Une vidéo publiée par eL Seed (@elseed) le

What you see is not what you think #perception #athanasius #zabaleen #cairo

Une photo publiée par eL Seed (@elseed) le

Reaching there slowly #perception #athanasius #cairo #whatyouseeisnotwhatyouthink

Une photo publiée par eL Seed (@elseed) le

We are heading there slowly, but surely #perception #athanasius #cairo

Une photo publiée par eL Seed (@elseed) le

Le message d’eL Seed, comme son action globale, sont réellement à saluer. Car en plus d’initier un style novateur et décalé, il propose une vision du monde plus humaine, basée sur le respect des différences et la tolérance. Si ce type de créations vous intéresse, découvrez le travail de cet artiste qui dénonce la pollution en transformant les déchets d’une plage en oeuvres d’art.


Sans progrès, il n’y a pas de paix possible. Sans paix, il n’y a pas de progrès possible

— Kofi Annan