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Des chercheurs américains ont récemment calculé l’impact de conflits nucléaires de différentes ampleurs sur notre atmosphère et la vie terrestre, et les résultats sont naturellement glaçants.

Un tableau particulièrement sombre

Pour ces travaux publiés dans le Journal of Geophysical Research : Atmospheres, les scientifiques de l’université Rutgers ont utilisé les modèles les plus récents et les plus détaillés, tenant compte des réactions chimiques complexes qui se produiraient dans la stratosphère, l’une des couches les plus basses de l’atmosphère terrestre. Les simulations réalisées ont mis en évidence des dommages environnementaux plus graves et persistants que ce que les études précédentes prévoyaient.

Alors que les premiers modèles de guerre nucléaire des années 1980 prévoyaient un hiver nucléaire (la fumée des explosions et des incendies ultérieurs bloquant le Soleil et sa chaleur), les plus avancés prennent aujourd’hui en compte l’impact potentiel de l’augmentation des températures et des dommages directs sur la couche d’ozone via le réchauffement de la stratosphère.

L’équipe a analysé l’impact d’une guerre nucléaire régionale et mondiale, avec 5 mégatonnes et 150 mégatonnes de suie libérées. Et il s’est avéré que ces conflits entraineraient respectivement une perte de 25 % de la couche de l’ozone sur une période de 12 ans, et de 75 % de celle-ci sur une période de 15 ans.

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Si la fumée bloquerait dans un premier temps les rayons du Soleil, des rafales de lumière ultraviolette plus puissantes se produiraient au bout de quelques années, atteignant la surface de la Terre en endommageant la couche d’ozone. Tant l’explosion initiale, par le biais de réactions chimiques avec les oxydes d’azote, que la fumée elle-même, via le réchauffement et la réduction de la photochimie interférant avec les interactions atmosphériques naturelles, contribueraient à la perte d’ozone.

Des effets mondiaux, quelle que soit l’ampleur du conflit

Les variations des rayons UV ayant un impact global sur la vie terrestre, des taux de cancer de la peau aux processus agricoles en passant par la survie d’écosystèmes entiers, une quantité beaucoup plus importante de ces rayons atteignant notre planète aurait de profondes conséquences pour ceux qui auraient survécu aux explosions initiales.

« Les conditions changeraient radicalement, et les adaptations qui pourraient fonctionner dans un premier temps ne seraient d’aucune utilité avec l’augmentation des températures et du rayonnement UV », explique Charles Bardeen, du National Center for Atmospheric Research. « Lorsque la fumée se dissiperait, vous auriez cette explosion d’UV avec des impacts complètement différents sur la santé humaine et l’agriculture. »

Selon l’équipe, il serait tout simplement impossible d’échapper aux effets intervenant au cours des décennies suivant de tels conflits, quelle que soit leur ampleur. « En plus de toutes les pertes humaines qui se produiraient presque immédiatement, les effets climatiques et les effets des UV seraient généralisés », détaille Bardeen. « Ils ne se limiteraient pas à l’endroit où se serait déroulée la guerre. »

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