Dans le cadre d’une vaste étude, des chercheurs britanniques ont constaté une amélioration significative de la fonction cardiovasculaire chez les fumeurs passés à la cigarette électronique, au bout d’un mois seulement.

Une amélioration significative de la fonction endothéliale chez les sujets cantonnés au vapotage

Ces nouveaux travaux menés par des chercheurs de l’université de Dundee ont montré que les gros fumeurs passant au vapotage voyaient leur fonction cardiovasculaire s’améliorer nettement. Un changement qui entrainerait une diminution significative du risque de maladies cardiovasculaires. « En l’espace d’un mois, nous avons constaté une amélioration moyenne d’1,5 point de pourcentage chez les fumeurs passés à la cigarette électronique. Concrètement, chaque point de pourcentage d’amélioration de la fonction cardiovasculaire entraîne une baisse de 13 % du risque d’évènements graves liés, comme les crises cardiaques », a expliqué Jacob George, auteur principal de l’étude.

Dans le cadre de cette étude majeure, s’étant étalée sur deux ans et ayant été financée par l’organisme de bienfaisance British Heart Foundation, les chercheurs britanniques ont suivi 114 fumeurs réguliers, fumant au minimum 15 cigarettes par jour depuis au moins deux ans. Les sujets étaient répartis en trois groupes pour une durée d’un mois, et subissaient des tests évaluant leur fonction cardiovasculaire au début et à l’issue de l’expérience. Le premier groupe s’en tenait exclusivement aux cigarettes traditionnelles, le second aux e-cigarettes avec un liquide contenant de la nicotine, et le troisième aux cigarettes électroniques avec un e-liquide sans nicotine.

Les résultats ont montré que les fumeurs cantonnés aux cigarettes électroniques, qu’elles contiennent ou non de la nicotine, avaient vu leur fonction endothéliale, définissant la facilité avec laquelle le sang circule dans le corps, s’améliorer de façon significative.

— Andrey_Popov / Shutterstock.com

Les cigarettes électroniques moins nocives que le tabac, mais pas sans danger

Publiés dans le Journal of the American College of Cardiology, ces résultats ne manqueront pas d’alimenter le débat concernant les risques et les avantages potentiels de la cigarette électronique qui ne cesse de défrayer la chronique ces derniers mois aux États-Unis, où plus de 2 000 cas de maladies pulmonaires et une quarantaine de décès liés au vapotage ont été enregistrés. L’utilisation de e-liquides contrefaits contenant du THC et de l’acétate de vitamine E, utilisé comme agent de coupe, en serait vraisemblablement responsable. Mais selon les experts européens, ces maladies liées au vapotage constituent « un phénomène propre aux États-Unis », en l’absence d’épidémies similaires recensées ailleurs dans le monde.

Les chercheurs ont toutefois souligné que l’étude se penchait spécifiquement sur les bénéfices du vapotage par rapport à la cigarette classique, à l’origine de différents cancers et augmentant considérablement le risque d’accidents vasculaires cérébraux mortels, de crises cardiaques et de nombreuses autres maladies cardiovasculaires, chez les fumeurs réguliers. « Il est crucial de souligner que les cigarettes électroniques ne sont pas sans danger, mais moins nocives que le tabac pour tout ce qui a trait à la santé cardiovasculaire. Elles ne doivent en aucun cas être considérées comme des dispositifs inoffensifs pouvant être utilisés par les non-fumeurs ou les adolescents », a précisé George.

On rappelle que le tabagisme, actif comme passif, constitue un véritable problème de santé publique en France, où il tue chaque année plus de 78 000 personnes, parmi lesquelles 59 000 sont des hommes et 19 000 des femmes.

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