La pollution aux pesticides reste invisible, notamment dans les eaux de surface. Des lacs aux rivières en passant par la mer, les perturbateurs endocriniens que renferment ces eaux sont nombreux. C’est ce que dévoile l’ONG Générations futures dans une étude inquiétante.

DEUX BASES DE DONNÉES OBSERVÉES

Dans le cadre de son enquête, Générations Futures a pu éplucher les données collectées par deux organismes : Naïades et Tedx. Le premier réunit les analyses effectuées par les agences de l’eau, les offices de l’eau et l’Agence française pour la biodiversité.

Tandis que le second est un institut de recherche spécialisé dans la mesure et la réduction des produits chimiques utilisés par l’Homme. Avec ces deux bases de données, Générations Futures a voulu démontrer que la pollution des eaux de surface (lacs, rivières…) était importante mais très inégale en France.

Les eaux de surface contiennent en moyenne 41 perturbateurs endocriniens

DES CHIFFRES DIFFÉRENTS SELON LES RÉGIONS ?

Sur l’ensemble des données analysées, Générations futures a constaté des différentes notables entre les régions. L’ONG a basé son travail sur la recherches de 232 « substances actives de pesticides ou de métabolites perturbateurs endocriniens suspectés » différentes et détectées dans au moins un département. Dans certaines régions comme la Corse du Sud, seuls 4 pesticides ont été retrouvés. Mais ce chiffre est multiplié par 22 dans les eaux du Calvados.

Malgré tout, des moyennes ont également été constatées. Les eaux de chaque département contiennent en moyenne 41 perturbateurs endocriniens et 3 d’entre eux ont été retrouvés à de multiples reprises. Deux herbicides interdits dans l’Union Européenne (l’atrazine-déséthyl et le métolachlore) sont respectivement présents dans 30 et 15 départements. Mais la palme revient au glyphosate retrouvé dans pas moins de 37 départements.

Des pieds de vigne traités avec des pesticides © Commons Wikipedia / luigifab

DES DONNÉES À UTILISER AVEC PRÉCAUTION

Cependant, les chiffres ne sont donnés qu’à titre informatif. L’ONG sait d’ailleurs que ces chiffres sont à utiliser avec précaution car depuis 2016, les relevés sont incomplets. A cause de l’absence de tests dans certaines régions, les années 2016 à 2018 sont inexploitables.

Même si une année est complète, la trop grande différence qu’il peut exister entre les départements pose problème. De plus, un pesticide peut apparaître dans la liste des substances actives suspectées alors qu’il n’est apparu qu’une seule fois. La concentration des différents éléments n’est également pas précisé.

Enfin, si les substances sont considérées comme suspectes, Générations Futures n’évoque pas les risques de ces derniers pour la santé humaine. Les eaux de surface sont différentes des eaux distribuées. Toutefois, ces eaux représentent un risque pour les animaux et les écosystèmes. Le directeur de l’ONG rappelle d’ailleurs que même à faible dose, ces perturbateurs sont une menace pour les écosystèmes.

Les écosystèmes aquatiques sont les plus menacés par ces pesticides

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