Après des décennies de tentatives infructueuses d’utiliser les ondes sonores pour combattre les moustiques porteurs de maladies, une équipe internationale de scientifiques malaisiens pourrait avoir trouvé la solution tant recherchée. Elle se nommerait Skrillex.

Oubliez les insecticides chimiques, passez au Skrillex

Publiée dans la revue Acta Tropica le 25 mars dernier, cette nouvelle étude insolite cherchait à établir si la simple diffusion du morceau Scary Monsters and Nice Sprites de Skrillex pouvait agir comme répulsif pour Aedes aegypti, une espèce de moustique connue pour propager la dengue, le virus Zika et la fièvre jaune. Pour ce faire, l’équipe de chercheurs responsable avait placé un haut-parleur diffusant par intermittence le morceau en question (que vous pouvez écoutez ci-dessous) à proximité d’un caisson rempli de moustiques, et constaté des changements importants dans leur comportement.

Les observations réalisées suggèrent que l’exposition à ce type de musique intense a tendance à réduire l’appétit des femelles moustiques et influe également sur leur fréquence d’accouplement. Comme l’ont précisé les chercheurs : « La musique électronique a agi à la fois comme un répulsif anti-moustique et comme un agent perturbateur de l’accouplement. Le fait qu’elle puisse retarder leur attaque, réduire leur appétit et perturber leur reproduction offre de nouvelles perspectives pour le développement de mesures de protection contre les maladies transmises par les Aedes n’impliquant pas l’utilisation d’insecticides chimiques nocifs ».

Les ondes sonores ont des effets insoupçonnés sur les insectes

Bien qu’elle puisse paraître farfelue au premier abord, cette étude faisant partie d’un large corpus de recherches sur les effets de la musique sur les insectes est tout sauf fantaisiste. Le bourdonnement aigu que vous pouvez percevoir près de votre oreille durant les nuits d’été est utilisé comme un signal d’accouplement par les moustiques (400 Hz pour la femme et 600 Hz pour le mâle) ; et utiliser certaines fréquences sonores pour brouiller la capacité des insectes à percevoir ces sons aurait donc un impact important sur la façon dont ils se reproduisent, interagissent avec les humains et propagent les maladies.

L’année passée, une autre étude avait déjà mis en évidence le fait que la diffusion de certains types de musiques avait des effets majeurs sur les insectes. Comme l’avaient déclaré ses auteurs à l’époque : « Lorsqu’elles ont été exposées à la musique d’AC/DC, les coccinelles deviennent des prédatrices moins efficaces, entraînant une densité plus élevée de pucerons et une biomasse végétale finale réduite par rapport aux traitements témoins, n’impliquant pas la diffusion de ces morceaux ». À une époque où la régulation de certaines espèces de moustiques apparait comme indispensable, toutes les pistes méritent d’être étudiées.

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