Actuellement, YouTube fait l’objet d’une enquête menée par la Commission fédérale du commerce. En effet, des internautes ont porté plainte contre le géant technologique car celui-ci collecterait illégalement les données de ses jeunes utilisateurs.

Pour beaucoup d’enfants, YouTube a remplacé la télévision. De façon générale, les plateformes numériques prennent une place grandissante dans leur vie. Si bien que les firmes technologiques accumulent des données sur les enfants, en fonction de la manière dont leurs parents ou eux-mêmes utilisent Internet. Selon les données de Business Wire, 81 % des enfants dans le monde auraient déjà une présence en ligne avant d’avoir 2 ans.

Même si les dirigeants des firmes technologiques comme Tim Cook pour Apple ou le PDG de Facebook, Mark Zuckerberg, affirment que les utilisateurs avaient le contrôle sur leurs données et pouvaient autoriser ou non les gouvernements ou les entreprises à y accéder, cela ne constitue pas une protection suffisante pour les informations personnelles et la vie privée des internautes.

81 % des enfants ont une identité numérique avant l’âge de 2 ans…

Dans le cas particulier des enfants, cette question de protection des données s’avère encore plus problématique. Durant les premières années de la vie d’un enfant, ses données sont créées par autrui et bien souvent par leurs parents. En d’autres termes, jusqu’à un certain âge, un enfant est dans l’incapacité de donner son consentement ni même de comprendre l’importance que cela revêt.

Autrement dit, faute d’informations provenant de la source directe (l’enfant ou ses parents), les institutions peuvent prendre exemple sur les données d’autres jeunes dans la même situation qu’un enfant déterminé (un code postal similaire, une même école, etc.) pour élaborer des données sur cet enfant. De ce fait, même si les parents eux-mêmes protègent leur enfant d’une identité prématurée en ligne, rien ne garantit que cette protection de l’enfant est vraiment effective.

Les plateformes numériques collectent et stockent également les informations des enfants.

La solution se trouve dans une réglementation plus large, plus ferme et plus effective

Il est ainsi nécessaire, voire primordiale, d’établir un nouveau cadre de protection des données, un cadre basé non sur le créateur des données ni leur propriétaire mais sur l’utilisation de ces données. Des mesures sont déjà en cours d’élaboration en ce sens.

Par exemple, la loi américaine de 1998 sur la protection de la vie privée des enfants en ligne (COPPA) oblige les sites et services en ligne à obtenir explicitement le consentement des parents avant de collecter les informations personnelles des enfants de moins de 13 ans. De même, cette législation a essayé de réglementer la manière dont les fournisseurs en ligne pouvaient vendre leurs produits aux enfants. Par exemple, un opérateur de site web ne peut pas demander à un enfant de divulguer ses informations personnelles avant de pouvoir jouer à un jeu. Néanmoins, le fait est que les entreprises numériques parviennent encore à collecter et stocker des informations sur l’enfant malgré ces dispositions.

Il faudrait ainsi mettre en place une réglementation beaucoup plus large qui limite et règlemente la collecte et l’utilisation des données par les plateformes en ligne. Le but est de protéger explicitement les droits civils, politiques et socioéconomiques des internautes. Cette réglementation devrait également s’appliquer à toutes les institutions, aussi bien privées que gouvernementales, et devrait définir des normes techniques donnant la priorité à la confidentialité des données. Enfin, toute entreprise transgressant ces dispositions devrait être sanctionnée.

Il est urgent de protéger nos enfants des griffes des entreprises numériques.

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