Des rapports des services secrets américains font état de recommandations dès janvier sur les dangers liés au coronavirus. Le président a toutefois refusé de prendre quelque mesure que ce soit, préférant laisser les marchés faire leurs affaires.

Des mises en garde ignorées

Le Washington Post rapporte que le président Trump a délibérément ignoré les mises en garde de ses agences de renseignement quant au danger que représentait le Covid-19. Des rapports, que le Post a pu se procurer, remis à Donald Trump dès les premiers jours de janvier, mettaient en garde contre les dangers liés au coronavirus. « Les voyants étaient au rouge », selon un officiel américain ayant eu accès aux documents et qui les a transmis au Washington Post, souhaitant garder l’anonymat.

Bien que les rapports ne prédisaient pas quand le virus atteindraient les côtes américaines ni ne donnaient de recommandations aux autorités quant aux décisions à adopter, ils témoignaient tout de même d’un réel suivi de la situation en Chine et de la propagation du virus dans le monde. « Donald Trump ne s’attendait peut-être pas à une telle situation, mais de nombreuses personnes au sein du gouvernement l’étaient – elles ne parvenaient simplement pas à lui faire prendre de décisions », selon la source anonyme ayant transmis les rapports.

— Evan El-Amin / Shutterstock.com

Trump préférait sauver les marchés

Dès ce week-end, sur Fox News, Donald Trump se demandait s’il était « bien nécessaire de détruire l’économie pour sauver des vies, pourquoi affaiblir la puissance économique américaine pour prolonger la vie de personnes âgées« . Il affirmait ainsi la nécessité de rouvrir l’économie, affirmant que le virus était « totalement sous contrôle ». Hogan Gidley, conseiller à la Maison-Blanche, affirmait que « le président a pris des mesures historiques, agressives pour protéger la santé, la richesse et la sécurité des Américains ». Il ajoutait même « pendant que les médias et les démocrates étaient occupés à débattre de politiques stupides concernant un impeachment illégitime ».

Donald Trump préférait se contenter d’accuser la Chine d’être ‘responsable’ du virus et d’avoir fait de la rétention d’informations concernant ses dangers. Il a rejeté les accusations du Post, disant que les informations étaient « inexactes » et de rappeler qu’il avait dès février fermé les frontières à toute personne venant de Chine. Le 25 février, Nancy Meissonnier, haute fonctionnaire du Centre pour la prévention et le contrôle des maladies, affirmait que le virus pourrait s’étendre à toute la communauté américaine. Trump s’est plaint auprès de ses conseillers que Mme Meissonnier affolait les marchés.

Pendant ce temps, une enquête, du Comité sénatorial d’éthique va se pencher sur le cas du sénateur républicain Richard Burr, accusé de délit d’initié pour avoir vendu plusieurs dizaines d’actions dont la valeur serait comprise entre 628 033 et 1,72 million de dollars alors qu’il était en possession des fameux rapports prédisant l’arrivée du coronavirus.

Prévenu dès janvier du danger que pouvait représenter le coronavirus, c’est-à-dire avant la population chinoise elle-même, Donald Trump a choisi de minimiser cette possibilité, donnant la préférence à la bonne marche de l’économie. Reste à savoir qui en payera les conséquences.

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