« Le Dit du Genji » ou « Roman de Genji » est considéré comme une oeuvre majeure de la littérature japonaise. Entièrement écrit en caractères kana au XIe siècle par Murasaki Shikibu, une femme, il est destiné à un public féminin. Il a pourtant rapidement été adopté par un public masculin. Découvrez l’histoire du premier roman psychologique au monde et de son autrice.

Qu’est-ce que « Le Dit du Genji » ?

Considéré comme le premier roman psychologique au monde, « Le Dit du Genji » est écrit par une femme noble, plus particulièrement une dame d’honneur à la cour impériale. Rien de surprenant quand on sait qu’à cette époque, l’écriture et la lecture étaient uniquement réservées aux nobles. Cette dernière a dû défier les conventions de son époque pour transposer si parfaitement les relations humaines à la cour.

Traduit en anglais qu’au début du XXe siècle, il est temps de revenir sur cette fascinante histoire littéraire. L’intrigue du livre se déroule pendant l’époque de Heian où Lady Murasaki raconte l’histoire d’un Genji (fils d’empereur qui ne peut pas prétendre au trône). Ainsi, les personnages de la femme bafouée, du mari jaloux, du séducteur et de la courtisane sont très en avance sur le temps quand on tient compte de la date d’écriture.

Pourquoi ce roman est si particulier ?

L’autrice a révolutionné la littérature puisque son roman est aujourd’hui considéré comme une contribution historique très importante. Découpé en 54 chapitres de 750 000 mots, le livre contient pas moins de 200 personnages qui évoluent au fil des années. De nombreuses adaptations au cinéma, en manga, en opéra et même en animé résultent de ce livre.

La fascination du pouvoir, l’argent, les moeurs de la cour, la condition féminine et les classes sociales sont largement traités. Inspiré de faits réels, chose inhabituelle à cette époque, un homme d’État nommé Fujiwara no Michinaga aurait grandement influencé l’autrice.

Comment est née cette histoire ?

Lady Murasaki a été chargée d’écrire une nouvelle histoire pour la princesse et a sorti un livre historique. Selon la légende, elle est partie en pèlerinage au temps d’Ishiyama-dera pour s’inspirer et a eu une vision de son personnage principal. Ni une ni deux, l’histoire se crée dans son esprit et elle note absolument toutes ses idées.

Pourtant, il y a 1000 ans, écrire de la fiction était mal vu et se trouvait « en bas de l’échelle des hiérarchies des genres », affirme Melissa McCormick, professeur d’art et de culture japonais à l’université de Harvard. Malgré les nombreuses traductions au fil des années, les chercheurs semblent encore douter de l’ordre chronologique des 54 chapitres.

Cela n’empêche pas les experts d’encenser ce roman qui oscille entre réalisme et romantisme à une époque où les femmes étaient découragées d’écrire. En effet, leur travail était considéré comme frivole et loin d’être sérieux. Murasaki a réussi à changer cette façon de voir les choses.

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