— Ilyas Tayfun Salci / Shutterstock.com

De nouvelles recherches suggèrent que la très faible circulation de la grippe depuis le début de la crise sanitaire a entraîné la disparition de deux souches différentes du virus. Explications.

Une situation inédite

En raison de la pandémie de Covid-19, les cas de grippe ont atteint des niveaux historiquement bas. Un phénomène que les experts attribuent au port de masques faciaux ainsi qu’aux différentes mesures de distanciation sociale mises en place pour limiter la propagation du coronavirus. De récents rapports ont révélé qu’aucun cas n’avait été enregistré dans le monde depuis au moins un an pour deux types de virus de la grippe.

Bien que les experts ignorent si ces souches sont réellement éteintes, une telle situation pourrait faciliter la conception du vaccin contre la grippe saisonnière, en restreignant le nombre de souches à inclure.

Afin de déterminer quels virus de la grippe ont pu disparaître, il est indispensable de comprendre comment ces derniers sont classés. Deux familles de virus grippaux sont à l’origine de la grippe saisonnière : la grippe A et la grippe B. Les virus de la grippe A sont divisés en « sous-types » basés sur deux protéines présentes à leur surface, l’hémagglutinine (H) et la neuraminidase (N). Actuellement, les virus H1N1 et H3N2 circulent chez l’Homme, et chacun de ces sous-types est subdivisé en « clades ».

— Naeblys / Shutterstock.com

Les virus de la grippe B, en revanche, ne possèdent pas de sous-types ou de clades, mais sont divisés en deux lignées appelées B/Yamagata et B/Victoria. Un clade de H3N2, connu sous le nom de 3c3.A, n’a pas été détecté depuis mars 2020, et il en va de même pour la lignée B/Yamagata.

« La chute spectaculaire du nombre de cas cette année va définitivement avoir un impact sur la diversité des virus de la grippe »

Chaque année, le vaccin contre la grippe est mis au point avant le début de la saison grippale. Pour ce faire, les scientifiques observent les souches en circulation dans le monde et déterminent celles qui seront les plus courantes au cours des mois à venir. Une diversité plus faible du virus de la grippe signifie un nombre plus restreint de virus à prendre en compte, et par extension de plus grandes chances que les souches sélectionnées pour le composé correspondent à celles en circulation.

Les virus H3N2 constituent un groupe particulièrement diversifié et, avant la pandémie de Covid-19, leurs clades semblaient se diversifier génétiquement chaque année. Une baisse de la diversité de ce sous-type serait donc une « excellente chose », selon Richard Webby, de l’OMS.

« Même s’ils n’ont pas été signalés dans les bases de données officielles, ces types de virus peuvent toujours exister, mais la chute spectaculaire du nombre de cas cette année va définitivement avoir un impact sur la diversité des virus de la grippe », estime-t-il. « L’ampleur du changement et sa durée sont les grands points d’interrogation. Mais nous n’avions jamais vu cela auparavant. »

COMMENTEZ

avatar
  S’abonner  
Notifier de