Vue d’artiste de Yamatosaurus izanagii (au centre) et d’hadrosaures plus évolués (à l’arrière-plan) — © Masato Hattori

Trouvés sur une petite île japonaise il y a plus d’une décennie, les restes d’un étrange hadrosaure ont récemment fait l’objet d’un examen approfondi, ayant révélé qu’il s’agissait d’une toute nouvelle espèce.

Un profil atypique

En 2004, un chasseur de fossiles amateur avait découvert la mâchoire inférieure, les dents, les vertèbres cervicales, ainsi que des os provenant de l’épaule et de la queue d’un dinosaure sur l’île d’Awaji. Piégés dans des sédiments remontant à environ 72 millions d’années, les restes fossilisés avaient été remis au Musée japonais de la nature et des activités humaines. Dans le cadre de travaux présentés dans la revue Scientific Reports, des chercheurs ont procédé à leur analyse détaillée et découvert qu’ils appartenaient à une nouvelle espèce ainsi qu’un nouveau genre d’hadrosaure, baptisé Yamatosaurus izanagii.

Reconnaissables à leur museau large et aplati, rappelant le bec d’un canard, les hadrosaures étaient des créatures herbivores ayant vécu durant le Crétacé supérieur, il y a plus de 65 millions d’années. Selon les chercheurs, leur capacité à mâcher la végétation était l’un des principaux facteurs ayant permis la diversité, l’abondance et la généralisation de leur population sur la planète.

Bien que de nombreux fossiles aient été mis au jour sur la plupart des continents au cours des dernières décennies, la découverte du Yamatosaurus bouleverse la vision que les chercheurs avaient jusqu’à présent des hadrosaures. L’analyse fossile réalisée a mis en évidence une structure dentaire atypique, suggérant un régime alimentaire différent.

La dentition de T. izanagii se révéle très différente de celle des autres hadrosaures connus — © SMU / Scientific Reports Creative Commons

« Les hadrosaures avaient des centaines de dents très rapprochées les unes des autres. Au fur et à mesure que leurs dents s’usaient et tombaient, de nouvelles rangées de dents situées sous les dents existantes poussaient pour les remplacer », explique Anthony Fiorillo, chercheur à l’université méthodiste du Sud et co-auteur de l’étude. « La mâchoire du Yamatosaurus était étrangement dépourvue de crête ramifiée au niveau des surfaces de mastication et ne renfermait qu’un seul type de dent fonctionnelle, laissant penser qu’il se nourrissait d’une végétation différente de celle des autres hadrosaures. »

Des découvertes suggérant une potentielle migration des hadrosaures de l’Asie vers l’Amérique du Nord

L’animal se distinguait également par un niveau de développement inattendu au niveau de l’épaule et des membres antérieurs, marquant une étape importante dans l’évolution de l’espèce, passée d’un mode de déplacement bipède à une démarche quadrupède. Selon les chercheurs, la découverte de cette nouvelle espèce soulève également d’importantes questions sur les schémas de migration de ces créatures herbivores, qui seraient potentiellement passés de l’Asie à l’Amérique du Nord, et non l’inverse.

« Dans le Grand Nord, les hadrosaures sont considérés comme les caribous du Crétacé », avancent les auteurs de l’étude. « Ils ont probablement utilisé le pont terrestre de Béring pour passer de l’Asie à l’Alaska actuelle, puis se sont répandus en Amérique du Nord jusqu’aux Appalaches. »

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