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Les intentions les plus bienveillantes engendrent parfois des drames… Lorsque la communauté internationale est intervenue pour creuser des puits au Bangladesh, elle était loin d’imaginer que l’eau puisée dans les sols empoisonnerait les populations. Femmes, hommes, enfants, parents, grand-parents, personne n’est épargné par une eau contaminée en arsenic. Aujourd’hui une initiative, à défaut de réparer les torts causés, veut sauver les générations futures.

UN SCANDALE SANITAIRE SANS PRÉCÉDENT 

Il faut remonter aux années 1970, où les taux de mortalité, surtout infantiles, due aux diarrhées provoquées par les bactéries dans l’eau consommée sont considérables : près de 250 000 morts par an, rapportait The Independent en 2010. Afin de proposer de l’eau non contaminée, une initiative internationale, soutenue notamment par l’ONU et la Banque mondiale, a facilité l’installation de millions de « tubes » à travers le pays. Ces « tubes » de quelques centimètres de diamètre permettaient d’aller puiser l’eau jusqu’à 200 mètres de profondeur, que les tests de l’époque présentaient potable.

Cette initiative a cependant exposé les populations a un tout nouveau risque. Les tests aux résultats convaincants n’ont jamais pris en cause la contamination à l’arsenic — substance extrêmement toxique mais inodore, sans goût et invisible — très présent à l’état naturel dans les vallées du Gange et du Brahmapoutre. Dans son bulletin annuel de 2000, nommé « le plus large empoisonnement de masse de l’histoire », l’OMS (Organisation mondiale de la santé) estimait que sur les 125 millions d’habitants de l’époque, entre 35 et 77 millions étaient exposés à l’arsenic. Son ingestion cause de sévères lésions de la peau et divers cancers, mais aussi des séquelles neurologiques et des maladies cardiovasculaires. 

Plus de 3000 personnes seraient mortes d’un cancer provoqué par l’arsenic sur la seule année 2004 — il est à noter qu’aucune mesure d’ampleur n’a été prise depuis. En 2016, l’Observatoire des droits de l’Homme rappelait que 40 millions de Bangladeshis buvaient de l’eau contenant plus d’arsenic que les normes préconisées par l’OMS (20 millions selon les normes du Bangladesh, moins contraignantes). L’OMS notait dans son rapport que, tandis que le choléra, le paludisme ou la tuberculose « exigent des réponses de santé publique plus complexes, la réponse à une contamination de l’eau des puits tubés est claire et nette — fournir de l’eau exempte d’arsenic ». 

QUELLES SOLUTIONS SONT POSSIBLES ? 

De multiples initiatives ont émergé à des échelles locales, comme la distribution à bas coût d’eau traitée, ou des programmes d’ONG dans quelques villages. Pourtant, pour faire efficacement face à un problème d’une telle ampleur il reste nécessaire d’agir sur l’ensemble des régions concernées. 

Une nouvelle initiative pourrait offrir un moyen de détecter rapidement, à bas coût, quelles sources d’eau sont contaminées afin d’offrir une réponse rapide à cette crise. « Les tests actuels fonctionnent très bien mais les données qu’ils vous donnent ne sont pas précises », explique David Sarphie d’AquAffirm. « Le nôtre est très simple et vous laisse le faire de manière très simple, rapide et précise. »

L’échantillon d’eau à tester est placé sur une électrode à usage unique (chacune d’entre elles coûterait 1 $), auquel on ajoute une enzyme réagissant plus ou moins selon la présence d’arsenic, créant un courant électrique. L’électrode connectée à un boîtier mesurant le courant électrique (qu’ils espèrent produire pour 200 $ chacun) permet de convertir les données et restituer la concentration d’arsenic dans l’eau. 

Cette détection permettrait à des agences ou organisations (comme l’UNICEF) de cerner avec précision les sources d’eau toxique, et ainsi tenter d’offrir des conditions de vie plus saines aux futures générations, en assurant un accès à l’eau plus sûr, que chacun pourra contrôler. 

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Tan

Au Cambodge, l’Institut de Technologie du Cambodge a mis au point une méthode pour éliminer l’arsenic de l’eau Vous pouvez trouver ses coordonnées dans Google.