Ces dents trouvées en Allemagne remettent en cause ce que nous savons sur l’histoire de l’humanité

Deux dents appartenant à une espèce de primates jusque-là répertoriée uniquement en Afrique viennent d’être découvertes… En Allemagne. Cette découverte exceptionnelle pourrait remettre en cause les fondements mêmes de l’origine de l’Humanité. On vous en dit plus !

Une découverte qui pose question

L’équipe d’archéologues qui a fait cette découverte pense qu’il est possible que les espèces qui arboraient ces dents puissent être assimilées à des hominidés africains plus récents. Une explication qui pourrait laisser penser que ce groupe de mystérieux primates  jusqu’ici inconnu a bien existé en Europe avant de migrer en Afrique.

« Ce que ces trouvailles nous montrent définitivement, c’est que les trous dans nos connaissances (…) sont beaucoup plus importants qu’on ne le pensait. »

Herbert Lutz, chef de l’équipe de fouilles et directeur adjoint du musée d’histoire naturelle de Mayence.

Les dents, qui se trouvaient à seulement une soixantaine de centimètres l’une de l’autre, se rapprochent de primates tels que Lucy, dont on situait l’apparition en Afrique, quatre millions d’années plus tard. Alors est-ce que l’histoire de l’humanité a commencé sur le continent africain ?

Des preuves fossiles et génétiques très sérieuses indiquent une origine africaine pour les humains modernes, qui ont quitté l’Afrique il y a 120 000 ans et probablement entre 50 000 et 80 000 ans. Les dents d’Eppelsheim sont environ cent fois plus vieilles. Si elles parlent de l’évolution humaine, ces dents aident à clarifier où et comment les premiers hominidés ont vécu et évolué.

Quid de l’histoire de l’humanité que nous connaissons ? Les experts s’opposent

Pour commencer, l’explication la plus probable concernant les fossiles est qu’ils appartiennent au groupe de primates plus large des hominoïdes, pas des hominiens. Ce qui signifie qu’ils seraient plus éloignés de nous que des espèces comme les Australopithecus afarensis. La plupart des experts contactés disent que la molaire appartient probablement à une espèce de pliopithécoïde, une branche primitive éteinte qui a vécu en Europe et en Asie il y a environ 7 à 17 millions d’années.

Les deux dents ont été trouvées dans la ville d’Eppelsheim, près de Mayence en Allemagne, il y a plus d’un an, en septembre 2016. Ce site a permis, au cours des 200 dernières années, de trouver une dizaine d’espèces de primates. Concernant cette découverte récente, les archéologues avaient fait le choix d’attendre pour annoncer la nouvelle et être certains, après recherches, de la date et de l’espèce.

Mais nous n’en saurons pas plus pour le moment. Le temps de laisser l’équipe analyser les dents plus en détail, qui permettront d’indiquer l’âge, les habitudes alimentaires ainsi que sa place dans notre arbre généalogique.

Reste à savoir ce que ces recherches nous apprendrons puisque deux « camps » s’opposent : les archéologues qui ont fait cette découverte pensent que cela pourrait réécrire l’histoire de l’Humanité; tandis que d’autres scientifiques pensent qu’il n’y pas lieu « d’en faire des tonnes ». Ces derniers, à l’image du paléoanthropologue Bence Viola, « pensent que c’est beaucoup de bruit pour rien ».

Dès la fin du mois d’octobre, vous pourrez vous rendre au Musée d’Histoire naturelle de Mayence pour les contempler.


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