— Joost van Uffelen / Shutterstock.com

Des chercheurs espagnols ont récemment déterminé que les dauphins pouvaient réduire leur fréquence cardiaque avant de plonger, afin de conserver l’oxygène et prévenir les problèmes de décompression.

Des capacités étonnantes

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Frontiers, ayant porté sur trois grands dauphins mâles entraînés à retenir leur souffle sur différentes durées, des chercheurs de la Fundación Oceanogràfic (Espagne) ont conclu que dauphins et autres mammifères marins abaissaient consciemment leur rythme cardiaque en fonction de la durée prévue de leur plongée. Fournissant ainsi un aperçu sans précédent de la façon dont ces créatures intelligentes gèrent l’oxygène et s’adaptent à leur environnement.

« Les dauphins ont la capacité de réduire leur rythme cardiaque autant que nous sommes capables de réduire la vitesse à laquelle nous respirons », explique Andreas Fahlman, auteur principal de l’étude. « Cela leur permet de conserver l’oxygène pendant leurs plongées et peut également être la clé pour éviter le mal de décompression. »

« Lorsqu’on leur demandait de retenir leur souffle, leur rythme cardiaque diminuait avant ou immédiatement après avoir commencé à retenir leur souffle. Nous avons également observé que les dauphins réduisaient leur rythme cardiaque plus rapidement et davantage lorsqu’ils se préparaient à une longue retenue, par rapport aux autres durées », poursuit le chercheur.

— Andrea Izzotti / Shutterstock.com

Mieux comprendre la physiologie des dauphins pour limiter les accidents de décompression

Selon les auteurs de l’étude, il est indispensable de comprendre les processus permettant aux mammifères marins de plonger en toute sécurité pendant de longues périodes afin d’atténuer les effets associés aux perturbations sonores d’origine humaine (telles que les explosions sous-marines liées à l’exploration pétrolière) sur leur santé.

« Si cette capacité à réguler le rythme cardiaque est importante pour éviter les malaises de décompression, et qu’une exposition soudaine à un son inhabituel provoque la défaillance de ce mécanisme, nous devrions éviter les perturbations soudaines et fortes et au contraire augmenter lentement le niveau de bruit au fil du temps pour provoquer un stress minimal », rappelle Fahlman. « En d’autres termes, nos recherches peuvent fournir des méthodes d’atténuation très simples pour permettre aux humains et aux animaux de partager l’océan en toute sécurité. »

https://twitter.com/recherche_anima/status/1331322995571380225

Matériel sur mesure et relation dresseur-animal étroite

Jusqu’à présent, analyser les changements intervenant dans la physiologie des dauphins durant leurs plongées s’était révélé compliqué, en raison des difficultés pratiques que pose la mesure de fonctions pertinentes telles que le rythme cardiaque et la respiration. Pour contourner cet obstacle et mesurer la fonction pulmonaire des animaux, l’équipe de recherche, qui a travaillé avec des animaux du Siegfried & Roy’s Secret Garden and Dolphin Habitat (Las Vegas), a utilisé un équipement adapté, impliquant des capteurs d’électrocardiogramme, ou ECG (voir tweet ci-dessus).

« La relation étroite entre les dresseurs et les animaux est extrêmement importante lors de l’entraînement des dauphins à participer à des études scientifiques », souligne Andy Jabas, spécialiste des soins aux dauphins impliqué dans l’étude. « Ce lien de confiance nous a permis d’avoir un environnement sûr pour que les dauphins se familiarisent avec l’équipement spécialisé et apprennent à effectuer les retenues respiratoires dans un environnement d’entraînement amusant et stimulant. »

Celui-ci a également précisé que l’ensemble des spécimens impliqués avaient participé volontairement à l’étude, et pouvaient partir à tout moment.

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