Les Romains ne disposaient presque jamais de toilettes privées chez eux. Un simple pot de chambre suffisait à la maison. Les vrais sanitaires se trouvaient ailleurs, dans des lieux publics fréquentés par des dizaines de personnes à la fois, sans la moindre cloison entre elles.

Les foricae romaines, ces latrines publiques reliées aux égouts et alimentées en eau courante
La plupart des Romains ne possédaient qu’un pot de chambre chez eux. Pour leurs besoins, ils fréquentaient plutôt les foricae, des latrines publiques ouvertes à tous. Avec la croissance de Rome, ces installations se sont multipliées dans les quartiers les plus fréquentés de la ville.
Au IIIe siècle, Rome comptait déjà 144 de ces toilettes publiques. On en trouvait aussi à Ostie et à Pompéi, deux autres grandes villes romaines. Le réseau d’égouts desservait ces lieux, qui recevaient en plus de l’eau courante.
Un canal de rinçage au sol et un bassin central limitaient les odeurs. Les eaux usées rejoignaient le fleuve ou l’océan, avec un risque de contamination. Galien, médecin du IIe siècle, déconseillait de manger des poissons venant « des embouchures des fleuves qui nettoient les égouts, les tavernes et les thermes ».
Pourquoi les foricae romaines servaient surtout de lieux de rencontre entre habitants
Des bancs de pierre longeaient les murs des foricae, percés d’ouvertures au-dessus du canal d’évacuation. Les Romains dormaient, mangeaient et se baignaient déjà sous le regard des autres. Chaque rencontre comptait, même aux toilettes, et l’écrivain Martial décrivait ces lieux de sociabilité avec précision.
Dans l’un de ses poèmes, Martial se moque d’un ami qui « passe des heures dans les latrines, assis toute la journée ». Il espérait ainsi recevoir une invitation à une fête. Cette anecdote montre combien la fréquentation des latrines faisait partie de la vie sociale romaine.
Feuilles, tessons de poterie ou éponge de mer, comment les Romains s’essuyaient aux toilettes
Pour s’essuyer, les Romains disposaient de plusieurs solutions simples. La plus courante consistait à utiliser des feuilles ou de la mousse. Ils pouvaient aussi se servir de pessoi, des disques en poterie taillés dans des tessons cassés.
Une autre méthode reposait sur le tersorium, une éponge de mer fixée à un bâtonnet. Ce mot latin signifie littéralement « essuie-tout ». Après usage, l’éponge rincée passait à la personne suivante. Un nettoyage insuffisant pouvait alors transmettre des germes.
Urinoirs publics et taxe sur l’urine, comment les Romains transformaient ce déchet en ressource
Des urinoirs sur pied équipaient aussi certains bâtiments publics, comme le Colisée. Ils recevaient eux aussi de l’eau courante, à l’image des foricae. Plusieurs personnes pouvaient ainsi les utiliser en même temps, sans file d’attente ni installation individuelle.
Les Romains récupéraient parfois les excréments à des fins médicales. L’urine, elle, représentait une vraie ressource industrielle grâce à son ammoniaque. Elle servait au tannage du cuir et surtout au foulon, un procédé pour nettoyer et renforcer les tissus.
Certains artisans laissaient même des pots à disposition des passants pour récupérer leur urine. Selon la légende, l’empereur Vespasien aurait institué une taxe sur sa collecte au Ier siècle. Face aux critiques de son fils Titus, il aurait répondu « L’argent n’a pas d’odeur ».