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De récentes fouilles ont conduit à l’identification d’un squelette remontant au troisième ou quatrième siècle de notre ère, présentant des signes évidents de crucifixion. Notamment un clou enfoncé dans l’os de l’un de ses talons.

« Ses bras auraient été attachés à une croix et ses pieds cloués au sol »

Les os des jambes de la victime, un homme âgé de 25 à 35 ans faisant partie de la population autochtone locale, étaient amincis, indiquant qu’il avait été enchaîné pendant une période prolongée avant d’être crucifié. Décrit dans la revue British Archaeology, son squelette malmené a été découvert dans un ancien cimetière du Cambridgeshire, où avaient été enterrées 48 personnes, dont les restes présentaient des signes indiquant qu’elles s’adonnaient à un dur travail manuel.

À proximité, les chercheurs ont mis au jour les vestiges d’une sorte d’atelier, où les ossements d’animaux étaient fendus afin d’en extraire la moelle, qui était notamment utilisée pour fabriquer du savon.

ll est probable que l’homme crucifié, ainsi que plusieurs des individus enterrés à proximité aient été réduits en esclavage. Les auteurs de l’étude notant que la citoyenneté romaine avait été étendue à toutes les personnes « libres » vivant dans l’Empire romain à partir de 212 après J.-C., et que la crucifixion n’était généralement pas infligée à ses citoyens.

« Elle était réservée aux crimes les plus graves, comme la rébellion contre l’État ou la trahison, même chez les personnes asservies », explique David Ingham, auteur principal de l’étude. « Ses bras auraient été attachés à une croix et ses pieds cloués au sol. Dans cette position, il aurait eu du mal à respirer et aurait fini par suffoquer. »

Un exemple rare

Selon Ingham, il s’agit de l’un des rares exemples de crucifixion dans l’Empire romain. Des preuves d’un tel châtiment avaient précédemment été découvertes à Jérusalem, lors de la mise au jour d’une tombe datant du premier siècle de notre ère.

On pense que cette pratique a commencé avec les Assyriens et les Babyloniens et qu’elle a également été utilisée par les Perses au sixième siècle avant J.-C., lorsque les victimes étaient fixées à des arbres ou des poteaux. Les croix n’ont pas été utilisées avant l’époque romaine et l’empereur romain Constantin Ier a finalement aboli cette pratique au quatrième siècle de notre ère.

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