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Cachée depuis un siècle dans un tiroir de musée, la peau de ce crocodile vieux de 125 millions d’années révèle un camouflage inédit

Un fossile espagnol étudié depuis plus d’un siècle vient de livrer un secret que personne n’avait vu venir. Sous lumière ultraviolette, sa peau fossilisée dévoile un motif qui pourrait bien être la plus ancienne trace de camouflage jamais observée chez un ancêtre des crocodiles actuels.

Il aura fallu plus de cent ans et une simple lampe ultraviolette pour que ce fossile, conservé depuis des décennies dans une collection de musée, finisse par révéler ce qu’il cachait vraiment. Le spécimen appartient à Montsecosuchus depereti, un petit crocodylomorphe de la famille des atoposauridés qui arpentait les marécages du Crétacé inférieur il y a environ 125 millions d’années, bien avant l’apparition des crocodiles tels que nous les connaissons aujourd’hui.

Fossile d’un crocodile vieux de 95 millions d’années découvert lors de fouilles paléontologiques dans un désert.
Representation des ossements fossilisés d’un crocodile préhistorique, âgé de 95 millions d’années, retrouvés dans un sol aride par des chercheurs – DailyGeekShow.com

Un site qui n’en finit pas de livrer ses secrets

Le fossile provient de la Pedrera de Meià, dans la province de Lleida, en Catalogne, un gisement associé à la formation géologique de la Pedrera de Rúbies, réputée pour la qualité exceptionnelle de conservation de ses fossiles datant du Crétacé inférieur. Décrit une première fois en 1915 sous le nom d’Alligatorium depereti avant d’être reclassé dans le genre Montsecosuchus, ce spécimen avait déjà fait l’objet de plusieurs études, sans que personne ne soupçonne l’ampleur de ce qui restait à découvrir dans la roche.

Notre confrère TopActu revient également sur cette découverte, avec un point plus large sur ce que ce type de trouvaille apprend aux paléontologues sur les stratégies de survie des prédateurs préhistoriques.

Ce que révèle la lumière ultraviolette

La fluorescence sous UV est devenue ces dernières années un outil précieux en paléontologie, capable de faire ressortir des structures organiques que l’œil nu, même armé d’une loupe, ne distingue pas dans la roche environnante. Les tissus fossilisés, en particulier ceux riches en certains composés organiques résiduels, réagissent différemment à la lumière ultraviolette selon leur composition, ce qui crée un contraste invisible en lumière naturelle mais parfaitement lisible sous UV.

Appliquée à ce spécimen, la technique a mis en évidence une peau étonnamment bien préservée, du cartilage, ainsi que des marques distinctes sur la queue de l’animal. Les chercheurs y ont également repéré ce qui pourrait correspondre à des structures sensorielles cutanées et à des éléments de l’appareil respiratoire, des tissus mous qui ne se fossilisent quasiment jamais dans des conditions normales.

Le plus ancien camouflage connu chez un crocodylomorphe ?

L’élément le plus spectaculaire reste la présence de bandes alternées sur le corps de l’animal, un motif qui pourrait correspondre à une forme de camouflage. Si cette interprétation se confirme, il s’agirait de la plus ancienne coloration directement documentée chez un représentant de la lignée des crocodylomorphes, le groupe qui réunit les crocodiles actuels et l’ensemble de leurs ancêtres disparus depuis le Trias.

Cette découverte, publiée dans le Zoological Journal of the Linnean Society, rappelle à quel point notre image des espèces disparues reste largement façonnée par leurs seuls os. La couleur, la texture de peau, les motifs, tout ce qui fait qu’un animal ressemble vraiment à ce qu’il était de son vivant, disparaît presque toujours avec les tissus mous. Chaque exception, comme celle-ci, oblige à revoir un peu la manière dont on imagine ces créatures.

Par Antoine - Daily Geek Show, le

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