Covid gout odorat
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Nous le savons depuis le début de la pandémie, le Covid-19 peut causer la perte du goût et de l’odorat chez certaines personnes. Selon une nouvelle étude, ces problèmes peuvent persister sur le long terme pour de nombreux individus, notamment chez les femmes.

Un problème plus courant qu’on ne le pensait

Au début de la pandémie de Covid-19, un grand nombre de personnes atteintes de cette maladie a signalé des perturbations au niveau du goût et de l’odorat. Certains patients ont même déclaré avoir été victimes d’une anosmie ou d’une agueusie, une perte totale de l’odorat ou du goût. Heureusement, la plupart des patients finissent par retrouver leurs sens une fois complètement rétablis. Il arrive cependant que ces problèmes de goût et d’odorat persistent pendant plusieurs jours, plusieurs semaines ou même plusieurs mois.

En effet, selon une nouvelle étude réalisée par les chercheurs de l’Imperial College de Londres, des millions de gens continuent de souffrir de problèmes de goût ou d’odorat sur le long terme après avoir été infectés puis guéris du Covid-19. D’après les résultats de l’étude publiée dans la revue The BMJ, environ 5 % des adultes ayant été infectés par la maladie ont signalé avoir des symptômes persistants liés au goût ou à l’odorat. Étant donné le nombre actuel de personnes ayant officiellement été infectées par la maladie, environ 15 millions de personnes souffrent sans doute de problèmes de goût.

En ce qui concerne les problèmes olfactifs, ils touchent environ 12 millions de personnes. Le nombre de patients qui souffrent d’un chevauchement des deux problèmes n’est pas connu. Si ce genre de problème peut sembler moins grave que les autres effets à long terme connus du Covid-19, les perturbations du goût et de l’odorat restent quelque chose de très gênant, voire d’handicapant, pour certaines personnes. En effet, même si cela peut sembler sans importance, c’est très pénible, surtout sur le long terme.

Covid gout odorat
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Des perturbations plus graves qu’on ne le pense

« La perte d’odorat et de goût nuit à la qualité de vie en privant les personnes concernées de plusieurs plaisirs quotidiens et de liens sociaux », a expliqué Paolo Boscolo-Rizzo, auteur principal de l’étude, dans un communiqué. De plus, dans les cas les plus graves, ces problèmes peuvent en entraîner d’autres plus graves encore, comme l’anorexie, l’aversion alimentaire, la malnutrition, l’anxiété et la dépression. « Les systèmes de santé devraient donc être prêts à apporter un soutien à ces patients qui déclarent souvent se sentir isolés lorsque leurs symptômes sont ignorés par les cliniciens », ont ainsi souligné les chercheurs.

Pour aboutir à ces conclusions, les chercheurs ont passé en revue 18 études sur les effets du Covid-19. Ils ont utilisé la modélisation pour estimer le nombre de personnes qui a continué à souffrir d’une altération du goût ou de l’odorat au moins six mois après une infection au Covid-19. Les résultats ont révélé qu’environ 1 personne sur 20 souffre de l’un ou l’autre de ces problèmes six mois après avoir été infectée par le virus. Plus précisément, 5,6 % des patients souffrent d’un dysfonctionnement de l’odorat pendant au moins six mois, tandis que 4,4 % ont un changement de goût. Par ailleurs, les femmes sont plus susceptibles de souffrir de ces problèmes.

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