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Nous ne quittons le foyer familial que vers la fin de notre adolescence (si ce n’est pas tard), le temps d’être capables de voler de nos propres ailes. Mais les corvidés, c’est-à-dire un groupe d’oiseaux qui comprend les geais, les corbeaux et les corneilles, passent également beaucoup de temps sous la tutelle de leurs parents. Des chercheurs ont étudié le lien entre les soins parentaux et l’intelligence chez ces oiseaux.

Les corvidés, des animaux d’une intelligence rare

Les corvidés sont reconnus pour leur intelligence. Ils sont en effet capables de manier des outils, en choisissant des brindilles de la bonne longueur et du bon diamètre pour la tâche qu’ils veulent accomplir, ou en façonnant des crochets à l’aide de matériaux pliables. Ils sont également capables de reconnaitre les visages humains, et même de comprendre certains principes de physique !

Il faut savoir que les corvidés ont un cerveau exceptionnellement gros par rapport à de nombreux autres oiseaux. Les oiseaux doivent être légers pour voler, mais le cerveau d’un corbeau représente près de 2 % de sa masse corporelle, soit une valeur similaire à celle des humains. Mais alors, d’où vient son exceptionnelle intelligence ?

La famille, c’est sacré

Dans une étude parue dans le Philosophical Transactions of the Royal Society B., des chercheurs ont recueilli une base de données détaillant le déroulement de la vie et ses étapes clés de centaines d’oiseaux, incluant plus de 120 corvidés.

Il ressort de ces observations que, par rapport aux autres oiseaux, les petits corvidés passent davantage de temps dans le nid parental avant de s’envoler. Une fois adultes, ils consacrent ensuite davantage de jours à nourrir leurs petits, et passent même plus de temps “en famille”.

Les chercheurs ont découvert que les jeunes oiseaux ont appris des tâches, comme utiliser des bâtons pour pêcher les larves de grumes, plus rapidement en surveillant leurs parents. Ces derniers étaient assez tolérants, permettant aux jeunes de s’exercer et complétant leur dose de nourriture pendant leur période d’apprentissage. Les jeunes corbeaux et les geais restent souvent avec leurs parents jusqu’à 4 ans.

Une étude qui valide d’autres théories et observations

En parallèle, l’équipe dirigée par Natalie Uomini, spécialisée dans les sciences cognitives à l’Institut Max Planck pour la science de l’histoire humaine, a étudié pendant plusieurs années des corvidés sauvages sur le terrain, en particulier des corbeaux calédoniens et des mésangeais imitateurs. Les chercheurs ont découvert que les jeunes oiseaux apprennent une nouvelle tâche plus rapidement lorsqu’ils regardent leurs parents faire. « Les expériences suggèrent fortement que la parentalité aide à façonner des cerveaux plus gros », explique à Science Michael Griesser, biologiste de l’évolution à l’université de Constance en Allemagne et coauteur de l’étude.

Ben Ashton, écologue comportemental à l’université d’Australie-Occidentale, a quant à lui été enthousiaste à propos de ces résultats : “Ce qui est intéressant dans cette étude, c’est qu’elle est compatible avec d’autres théories existantes”, y compris l’hypothèse selon laquelle les exigences cognitives de la vie en groupe ont aidé à stimuler le cerveau de l’Homme.

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