Avec cette technique de chasse, les corbeaux ont réussi là où toutes les autres espèces ont échoué

Une fois de plus, les corvidés font preuve d’une capacité d’adaptation inégalée pour des oiseaux. Ils sont notamment capables d’analyser des situations nouvelles et particulièrement délicates et de les tourner à leur avantage.

 

Le crapaud buffle fait des ravages en Australie

Le crapaud buffle représente un véritable fléau pour ses prédateurs. Originaire d’Amérique du sud et d’Amérique centrale, il a ensuite été introduit en Australie et fait depuis des ravages dans les rangs des marsupiaux et des serpents qui tentent de s’y attaquer. Mais c’était sans compter sur les capacités d’adaptation hors-normes des corbeaux, qui ont appris à le manger en évitant soigneusement ses parties les plus toxiques.

Lorsque le crapaud se sent menacé, les glandes parotoïdes situées derrière ses yeux et sur son dos secrètent un poison blanc laiteux hautement toxique connu sous le nom de bufotoxine. Elle se révèle mortelle pour la plupart des prédateurs qui l’ingèrent, provoquant un arrêt cardiaque. Pour éviter ce sort funeste, le corbeau le saisit par les pattes ou le front et le fait rouler sur le dos afin de l’immobiliser.

Les corbeaux partagent leur savoir pour lutter contre cette espèce particulièrement invasive

Le corbeau se délecte ensuite des cuisses charnues, de la langue et des intestins du crapaud buffle, en évitant soigneusement ses parties les plus toxiques. L’oiseau peut passer plus d’une demi-heure à manipuler délicatement sa proie pendant que ses congénères observent le moindre de ses faits et gestes. Selon plusieurs spécialistes, les corbeaux partageraient leur savoir afin de lutter efficacement contre cette espèce d’amphibien particulièrement invasive.

Les scientifiques estiment toutefois que les oiseaux tolèreraient mieux les toxines des crapauds que les reptiles et les marsupiaux australiens en raison de leur patrimoine génétique particulier : présents sur tous les continents, les corvidés côtoient les crapauds depuis des siècles et leur organisme s’est peu à peu adapté.

Il leur reste toutefois beaucoup de travail pour stopper la progression de l’invasif crapaud buffle sur le continent océanien…


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