Ces corbeaux aux capacités cognitives étonnantes sont capables de reproduire des objets de mémoire

Rongeurs, oiseaux, singes… Ces espèces ont en commun d’être souvent utilisés par les humains pour des expériences sur le comportement et partagent une certaine capacité à reproduire des gestes enseignés. Récemment, des chercheurs ont découvert que les corbeaux calédoniens étaient capables de reproduire des objets de mémoire afin de récupérer de la nourriture. 

Les corbeaux calédoniens capables de recréer un objet de mémoire

Si les capacités du cerveau humain nous dépassent encore, il en est de même pour de nombreuses espèces animales, très intelligentes et capables de prouesses étonnantes. Les oiseaux sont surprenants à plus d’un titre et peuvent répéter des gestes observés auparavant si cela peut leur apporter quelque chose. La dernière découverte de chercheurs de l’Université de Cambridge (Royaume-Uni) : les corbeaux de Nouvelle-Calédonie sont capables de reproduire des objets de mémoire. Avant cela, on avait déjà découvert que ces oiseaux noirs étaient capables d’utiliser des brindilles pour fouiller les trous des arbres à la recherche de vers ou encore de découper des petits crochets dans des feuilles pour attraper de la nourriture. Leurs techniques semblent s’améliorer avec le temps.

Les chercheurs britanniques ont donc formé huit corbeaux calédoniens à déposer des petits et des grands morceaux de papier dans un distributeur. Selon la taille, la machine délivrait ou non de la nourriture. Ce qui les a surpris, c’est que motivés par la faim, les oiseaux arrivaient à fabriquer de mémoire « les pièces » permettant de débloquer le distributeur. Ce comportement montre l’étendue des capacités cognitives de ces oiseaux, surtout quand il s’agit d’obtenir une récompense ou de la nourriture.

Le corbeau calédonien se sert de sa mémoire pour recréer des outils afin de se nourrir

Des techniques qui pourraient s’améliorer avec le temps

Une fois que les corbeaux étaient bien entraînés, les chercheurs leur ont simplement laissé un gros morceau de papier. L’étude relate alors une découverte fascinante : « les corbeaux déchiraient la feuille de papier pour former des objets de taille similaire aux morceaux avec lesquels ils avaient reçus une récompense ». Alex Taylor, chercheur australien et coauteur de l’étude explique ce que cette découverte signifie : « le comportement des corbeaux montre qu’ils peuvent fabriquer un outil en utilisant uniquement une représentation mentale de sa conception ». En d’autres termes, cela démontre une capacité, comme chez l’homme, à se servir d’un enseignement pour l’utiliser dans un cas concret. Selon les chercheurs, ce n’est qu’un début et il est probable que ces oiseaux pourraient encore nous surprendre.

Les auteurs de l’étude révèlent en tout cas que cette capacité de mémoire leur permettrait sûrement d’améliorer leurs outils au fil du temps en recréant et en modifiant les outils faits par d’autres corbeaux. En matière de mémoire, il semble que les oiseaux et les singes soient les plus animaux les plus capables. Concernant une autre espèce d’oiseau, le geai buissonnier, il est capable de cacher de la nourriture et surtout de se servir de sa conscience du passé, du présent et du futur. Nicolas Clayton de l’Université de Cambridge a réussi à démontrer cette capacité à planifier grâce à une expérience : il a placé le geai dans une cage à trois compartiments communiquant entre eux. Seul celui de droite contenait de la nourriture. Durant deux heures par jour pendant cinq jours, les chercheurs ont enfermé l’oiseau dans l’un des compartiments (un jour avec nourriture et le lendemain sans). Le sixième jour, le geai avait déplacé de la nourriture dans le compartiment qui n’en contenait pas.

Le geai buissonnier est une espèce de la même famille que les corbeaux ayant une bonne mémoire

Ces expériences, faites sur le corbeau calédonien comme sur le geai buissonnier démontrent une capacité à se servir de souvenirs pour obtenir de la nourriture. Il est difficile pour l’heure de connaître leurs limites en matière d’utilisation de la mémoire, mais il en va de même pour nous humains.


Un homme n’est vieux que quand les regrets ont pris chez lui la place des rêves.

— John Barrymore