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Construit pour 300 millions d’euros près de Berlin, ce hangar géant de 107 mètres abrite désormais un lagon artificiel

Au sud de Berlin, un dôme géant devait abriter des dirigeables d’une taille record. Mais la faillite du projet a changé son destin. En effet, la structure s’est métamorphosée en un immense parc aquatique qui rencontre aujourd’hui un succès retentissant.

Un immense lagon tropical aux eaux turquoise s’étend sous la structure métallique monumentale d’un ancien hangar à dirigeables près de Berlin.
Construit à l’origine pour abriter des dirigeables cargos géants, cet immense dôme industriel accueille aujourd’hui un lagon artificiel entouré de végétation tropicale au sein du Tropical Islands Resort. – DailyGeekShow.com / Image Illustration

L’ambition folle de CargoLifter : bâtir le plus grand hall au monde sans pilier pour ses dirigeables

En 1996, l’entreprise allemande CargoLifter AG lance un projet industriel hors norme. Son but consiste à créer le CL160, un appareil capable de transporter 160 tonnes de matériel. En effet, cet engin devait livrer des charges lourdes sans utiliser de pistes d’atterrissage.

L’enthousiasme des médias attire vite des milliers de petits épargnants lors de l’entrée en Bourse en 2000. Ainsi, portée par la bulle financière, la société commence la construction d’un hall gigantesque nommé l’Aerium. Le chantier s’installe alors sur une ancienne base militaire.

Le bâtiment affiche des dimensions exceptionnelles. Il mesure 360 mètres de long, 210 mètres de large et 107 mètres de haut. De plus, ce dôme d’un volume de 5,5 millions de mètres cubes coûte 78 millions d’euros à lui seul.

L’effondrement financier du projet et la braderie d’un bâtiment industriel d’exception

Pourtant, les dépenses s’envolent malgré le travail de 260 ingénieurs et les aides régionales. CargoLifter récolte 263 millions de dollars auprès des investisseurs. Cependant, la firme ne réussit jamais à faire voler le moindre prototype dans le ciel.

Ensuite, la crise du secteur aérien en 2001 précipite la chute financière du groupe. L’entreprise dépose officiellement le bilan durant l’été 2002. Par conséquent, le liquidateur judiciaire vend l’immense bâtiment en 2003 pour seulement 17,5 millions d’euros.

De la halle aéronautique à la jungle couverte : la naissance de Tropical Islands Resort

Le groupe malaisien Tanjong achète alors la structure avec une remise énorme. En effet, le prix ne représente que 20 % du coût de construction originel. L’acquéreur engage donc des travaux colossaux pour transformer ce hangar en un centre de loisirs.

Le complexe nommé Tropical Islands Resort ouvre ses portes le 19 décembre 2004. À l’intérieur, le public découvre un décor exotique complet. De plus, le site abrite une forêt tropicale, du sable fin et une mer artificielle sous une chaleur constante.

Désormais, cette halle devient le plus grand parc aquatique intérieur au monde. Le centre dépasse ainsi le célèbre World Waterpark situé au Canada. Enfin, le parc accueille jusqu’à 8 200 visiteurs par jour et emploie 600 personnes sur place.

Une revente record à 226 millions d’euros concrétise le succès commercial du site

L’histoire du site prend un nouveau tournant en décembre 2018. En effet, le groupe espagnol Parques Reunidos rachète le complexe touristique. La transaction s’élève à 226 millions d’euros, soit près de treize fois la somme versée quinze ans plus tôt.

Ce montant rejoint ainsi la facture totale du projet CargoLifter. Conçu à l’origine pour faire voler des dirigeables, le dôme est aujourd’hui un pôle touristique extrêmement rentable. Le lieu a donc trouvé une seconde vie particulièrement solide.

Par Eric Rafidiarimanana, le

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