Le confinement s’est trouvé être la solution la plus adaptée à la lutte contre la pandémie de Covid-19. Toutefois, à cause de la cessation des activités « non essentielles », beaucoup de personnes se sont retrouvées au chômage. Les personnes en situation de précarité ont vu leurs conditions de vie se dégrader considérablement.

Les populations précaires se retrouvent extrêmement vulnérables

Le confinement n’est pas le même pour tous. Cela parait évident, mais il faut tout de même le rappeler, surtout que les plus à plaindre ne sont pas ceux qui se morfondent le plus. Mais ce qui est dramatique, ce sont toutes ces personnes, déjà en situation de précarité habituellement, qui se retrouvent aujourd’hui au bord du gouffre. En effet, privées de travail et de beaucoup d’associations d’entraide, ces personnes se retrouvent dans des situations inextricables. En 2016, la France comptait 8,8 millions de personnes pauvres, soit 14 % de la population.

La situation a malheureusement empiré et cela ne va pas s’arranger. En effet, une grave crise économique s’annonce, et elle a déjà un nom : le « Grand Confinement ». Mais pour l’instant, ce que l’on ne peut que constater, c’est que de nombreuses familles ne parviennent plus à joindre les deux bouts, et ce, malgré les annonces d’aides gouvernementales. Aujourd’hui, du fait du confinement, on compte 5 millions de personnes en chômage partiel, soit un salarié sur 4.

La question du « surpeuplement accentué », depuis longtemps pointé du doigt mais trop souvent négligé, se retrouve désormais source de situations intenables. En 2013, l’Insee menait sa dernière enquête Logement, et il en résultait que 934 000 personnes vivaient dans des logements où il manque 2 pièces voire plus. En Île-de-France, 20,2 % des foyers modestes sont dans cette situation. La conséquence en est que des familles de 5 personnes peuvent se retrouver enfermées dans 15 m², par exemple, rendant la période de confinement particulièrement intenable.

— altanaka /Shutterstock.com

La solidarité comme dernier rempart

Face à la pauvreté, la solidarité s’organise dans les quartiers populaires. En Seine-Saint-Denis, des distributions sont organisées par des associations pour pallier le manque de moyens de beaucoup de familles. Les travailleurs sociaux continuent de mener leur travail avec les moyens du bord. À Marseille, les locaux de l’OM accueillent des femmes victimes de violences conjugales. Dans une tribune au Monde, des professionnels de la prévention expliquent que les travailleurs sociaux tentent de mener à bien leur travail et dénoncent le manque de moyens dont il font l’objet.

Les associations d’aide aux plus démunis tentent depuis longtemps de combler les carences de l’État. Elles y parviennent tant bien que mal mais, aujourd’hui, pour la première fois depuis sa création il y a 70 ans, la Fondation Abbé Pierre se retrouve contrainte de faire un appel aux dons. Elle a en effet besoin de 5 millions d’euros. L’aide sociale à l’enfance se retrouve également en difficulté, du fait de l’enfermement de nombreux enfants et adolescents en foyer le temps du confinement (rien que dans la Somme, ils sont 1 500 dans cette situation), ce qui peut conduire, selon les professionnels, à une « situation explosive ». Les aides gouvernementales pour les foyers les plus modestes avec enfants ne feront qu’éloigner le problème, 100 € par enfant n’est en effet pas suffisant.

Nous ne sommes pas égaux face au confinement. Les populations défavorisées sont celles qui souffrent le plus, et cela nous amène à réfléchir au modèle de société que nous souhaitons mettre en place pour l' »après », à savoir s’il ne serait pas mieux de valoriser davantage les métiers associatifs et d’entraide.

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