Ara écarlate momifié retrouvé sur le site de Pica 8, dans le nord du Chili — © Calogero Santoro / Universidad de Tarapacá / Jose Capriles / Penn State

De récentes recherches ont suggéré qu’une oasis dans le désert d’Atacama, au Chili, pourrait avoir servi de plaque tournante pour le commerce de perroquets vivants provenant de l’autre côté des Andes.

Un commerce prospère

Détaillé dans la revue PNAS, l’examen de restes d’oiseaux et de plumes trouvés sur différents sites archéologiques chiliens a révélé que les caravaniers, qui utilisaient des lamas, étaient dans certains cas amenés à transporter des volatiles vivants sur plus de 500 kilomètres. « Répondre aux besoins des oiseaux pendant ces longs trajets nécessitait une connaissance approfondie de leur écologie », explique Jose Capriles de l’université d’État de Pennsylvanie.

Ce commerce prospère aurait eu cours entre 1100 et 1450 après J.-C., période postérieure à la chute des Tiwanaku, une civilisation andine ayant détenu le pouvoir pendant des siècles, et antérieure à l’ascension des Incas.

Capriles et ses collègues savaient que les sites archéologiques de l’Atacama abritaient des marchandises importées d’autres régions. L’équipe a rapidement identifié plusieurs espèces de perroquets d’Amazonie, notamment des amazones poudreuses et des aras écarlates, dont certains spécimens avaient été enterrés avec des caravaniers dans un cimetière d’une oasis de Pica.

Détail d’une amazone à front bleu momifiée retrouvée dans le cimetière de Pica 8, dans le désert d’Atacama — Calogero Santoro / Universidad de Tarapacá / José Capriles / Penn State

L’analyse isotopique (carbone et azote) des plumes et des os des volatiles exotiques a révélé qu’ils avaient été nourris avec du maïs (une céréale n’existant pas dans leur aire de répartition), probablement cultivé avec le guano d’oiseaux marins transportés depuis la côte.

« Il s’agissait de sortes de poules aux œufs d’or »

D’après le chercheur, les oiseaux vivants produisaient des plumes qui auraient pu être vendues. Des travaux antérieurs avaient montré qu’elles étaient à l’époque utilisées dans la conception de vêtements, de coiffes et de chapeaux, et il s’est avéré que certains des spécimens les mieux conservés présentaient des traces de plumage fréquent.

« Ces créatures étaient probablement gardées non seulement comme animaux de compagnie représentant un symbole de statut exotique, mais aussi comme des sources potentielles de profits », estime Capriles. « Il s’agissait de sortes de poules aux œufs d’or. »

Selon ses auteurs, l’étude fournit également des preuves supplémentaires du maintien des grandes routes caravanières durant cette période transitoire, marquée par l’essor de pouvoirs régionaux.

COMMENTEZ

avatar
  S’abonner  
Notifier de