La ville littorale de Ouidah change de visage. Le gouvernement béninois collabore avec des partenaires chinois pour ériger un vaste projet balnéaire et mémoriel. Cette initiative colossale vise à attirer les visiteurs internationaux tout en redessinant un espace profondément marqué par l’histoire coloniale.

Le Bénin investit plus de 257 millions d’euros pour construire le grand complexe touristique de La Marina
Pour concrétiser cette ambition, l’État s’appuie d’abord sur un financement extérieur important. C’est pourquoi la Banque de Chine et la Banque industrielle et commerciale de Chine accordent des prêts majeurs. Au total, ces crédits représentent plus de 257 millions d’euros.
De plus, les chantiers se situent à quarante kilomètres de la capitale économique, Cotonou. Une société publique chinoise, nommée Yunnan Construction, pilote l’ensemble des travaux sur place. Par conséquent, les nouvelles infrastructures modernes ouvriront leurs portes au public très prochainement.
Un aménagement d’envergure associe le devoir de mémoire et l’hôtellerie haut de gamme en bord de mer
Cet aménagement intègre d’abord des équipements variés pour capter l’intérêt des visiteurs. Les promeneurs trouveront notamment une arène en plein air de 3 500 places pour les événements. En outre, quatre kilomètres de digues sous-marines vont stabiliser la mer pour sécuriser la plage.
Le site propose également des structures d’hébergement luxueuses pour les séjours prolongés. Par exemple, l’hôtel quatre étoiles Dhawa Ouidah accueillera bientôt les clients. Cet établissement moderne disposera de 132 chambres confortables face au littoral pour séduire une clientèle internationale.
Mais l’élément le plus marquant reste la construction d’une réplique de navire négrier. Ce monument historique va renforcer la dimension éducative du lieu. Ainsi, les voyageurs comprendront mieux la réalité de cette époque douloureuse en observant cette œuvre grandeur nature.
Le gouvernement béninois s’appuie sur la Route des Esclaves pour attirer la diaspora afro-descendante
Il faut rappeler que cette localité possédait un rôle central dans le commerce humain. En effet, environ deux millions d’Africains ont marché sur la Route des Esclaves. Ensuite, les captifs rejoignaient l’océan pour embarquer vers une destination inconnue.
C’est pourquoi les déportés passaient sous la Porte du Non-Retour, un monument toujours visible. Aujourd’hui, les autorités ciblent en priorité la diaspora afro-descendante mondiale. De cette façon, ces visiteurs pourront renouer directement avec leurs racines culturelles en Afrique de l’Ouest.
Cette alliance stratégique montre le développement rapide de l’influence culturelle chinoise en Afrique
Cette collaboration confirme d’ailleurs une stratégie globale menée par Pékin sur le continent. En effet, la Chine finance de nombreux projets culturels chez plusieurs partenaires africains. Par exemple, le pays a soutenu le Grand Théâtre national du Sénégal récemment.
De la même manière, l’Asie a subventionné la construction de l’Opéra d’Alger. Puis, les ingénieurs ont modernisé le Théâtre national du Ghana. Dans le cas béninois, les dirigeants confient donc la maîtrise d’œuvre à ces entités pour accélérer la livraison.
Enfin, cette coopération permet au Bénin d’afficher des ambitions claires pour son avenir. Les responsables veulent rapidement franchir le seuil des 3 000 000 de touristes annuels. Ainsi, cette forte affluence va transformer durablement l’économie de la région.
Par Eric Rafidiarimanana, le
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