Vue d’artiste de la comète C/2014 UN271 Bernardinelli-Bernstein — © NOIRLab / NSF / AURA / J. da Silva (Spaceengine)

De récentes observations ont permis d’estimer la taille d’une comète absolument massive se dirigeant actuellement vers le Système solaire. Avec un diamètre compris entre 100 et 200 kilomètres, il s’agirait du plus grand objet céleste de ce type jamais observé.

La (nouvelle) visite d’un géant

Officiellement nommée C/2014 UN271 Bernardinelli-Bernstein (en référence à l’année où elle avait été techniquement repérée pour la première fois, dans les données recueillies par le projet Dark Energy Survey), la comète n’a été formellement identifiée qu’en juin 2021 par les astronomes Pedro Bernardinelli et Gary Bernstein, ayant donné leur nom à l’objet. Sa luminosité indiquait qu’il s’agissait d’un objet de grande taille (au moins 100 km de diamètre), mais la distance à laquelle il se trouvait alors (29 unités astronomiques, soit une distance proche de celle nous séparant de Neptune) empêchait de la déterminer plus précisément.

Aujourd’hui, de nouvelles observations ont offert une estimation plus étroite de cette dernière. Basées sur la luminosité de l’objet et effectuées par Bernardinelli et Bernstein eux-mêmes, celles-ci ont montré que le noyau de la comète faisait environ 150 km de diamètre, en faisant vraisemblablement la plus grande jamais découverte.

Et de loin : la plupart des comètes ne font que quelques kilomètres voire quelques dizaines de kilomètres de diamètre, quand les plus imposantes, comme Hale-Bopp, peuvent atteindre les 80 km. Précédente détentrice du record, la comète Sarrabat de 1729 possédait un diamètre d’environ 100 km.

Schéma de la trajectoire de l’orbite de la comète C/2014 UN271 — © JPL Solar System Dynamics

L’équipe a également pu calculer de façon plus précise l’orbite de la comète BB, effectuant un voyage aller-retour incroyablement long dans le Système solaire. À son point le plus éloigné, il y a environ 1,5 million d’années, celle-ci se trouvait à environ 40 400 unités astronomiques de notre astre, contre 18 seulement il y a environ 3,5 millions d’années. Selon les chercheurs, ce record devrait tomber en 2031, lorsque l’objet « frôlera » l’orbite de Saturne (10,9 unités astronomiques).

Une évolution suivie de près

Bien que très faibles, la chevelure et la queue de la comète ont également pu être détectées et étudiées. Les nouvelles données suggèrent que du dioxyde de carbone ou de l’ammoniac s’évapore de sa surface selon la simple thermodynamique de la sublimation. D’autres scientifiques ont déjà détecté des explosions de gaz en provenance de la comète, tandis qu’une équipe de l’observatoire de Las Cumbres a signalé une augmentation considérable de sa luminosité en l’espace de quelques heures le 9 septembre dernier.

Il reste difficile de prédire exactement ce qui se passera à l’avenir, mais les auteurs de la nouvelle étude, à paraître dans l’Astrophysical Journal Letters, indiquent qu’il est possible que la comète devienne beaucoup plus brillante (atteignant possiblement une magnitude de 9, soit un peu moins que Titan, la lune de Saturne). Initialement, les chercheurs s’attendaient à ce qu’elle devienne aussi brillante que Pluton. Cependant, si une croûte de glace d’eau venait à se former, sa luminosité pourrait être beaucoup plus faible.

Quoi qu’il en soit, la comète BB constituera sans aucun doute une cible fascinante pour les astronomes au cours de la prochaine décennie, et même au-delà.

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louis
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louis

question : va t’on se la prendre sur la gueule ? vu que celle de l’extinction des dinosaures ne faisait que 10 misérables km !