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S’il est depuis longtemps admis que les îles Féroé ont constitué un important point de départ pour l’exploration viking de l’Atlantique Nord, de récentes analyses sédimentaires ont montré que ceux-ci n’avaient pas été les premiers humains à les atteindre.

Des analyses révélatrices

À mi-chemin entre la Norvège et l’Islande, les îles Féroé sont situées à environ 300 kilomètres des côtes écossaises. Caractérisé par la présence d’imposantes falaises dominant la mer, leur paysage s’avère rocheux et accidenté, et les conditions météorologiques difficiles, avec des vents violents balayant continuellement les côtes. Rien ne prouve que ces îles aient jamais abrité des populations indigènes, faisant de l’archipel l’une des rares terres de la planète à être restées inhabitées jusqu’à notre ère.

Si de précédentes recherches suggéraient que les Vikings avaient été les premiers à atteindre les îles Féroé vers 850 après J.-C., une nouvelle étude, menée par des chercheurs de l’université de Columbia et publiée dans la revue Nature Communications : Earth and Environment, a identifié des preuves de l’apparition soudaine de moutons domestiques sur ces îles vers 500 après J.-C., bien avant l’occupation nordique, ce qui suggère qu’un groupe inconnu d’humains s’y est établi à cette époque précoce.

Les chercheurs se sont rendus sur l’île d’Eysturoy et ont recueilli des échantillons de sédiments renfermant des traces de plus de 10 000 ans d’histoire environnementale sur un ancien site viking bordé par un lac. Leur analyse a révélé la présence de fragments identifiables d’ADN de mouton, ainsi que deux types distincts de lipides produits dans le système digestif des ovins, à une profondeur d’environ 50 centimètres, ce qui suggère qu’un grand nombre de ces animaux sont arrivés à cet endroit entre 492 et 512 après J.-C.

Le lac près duquel les échantillons de sédiments ont été prélevés — © Raymond Bradley / UMass Amherst

« Ces découvertes confirment la présence d’une population antérieure aux Vikings », a déclaré Lorelei Curtin, auteure principale de l’étude.

Une population très probablement celte

Ces premiers colons étaient probablement des Celtes originaires de l’Écosse et de l’Irlande actuelles, étant donné que de nombreux noms de lieux féroïens dérivent de mots celtiques et que d’anciennes pierres tombales celtes ont été découvertes dans de nombreuses parties de l’archipel. En outre, des études d’ADN sur les Féroïens modernes montrent que, si leurs lignées paternelles sont scandinaves, leurs lignées maternelles s’avèrent majoritairement celtiques.

Si d’autres régions de l’Atlantique Nord présentent également cette asymétrie (signe possible que les colons vikings aient amené avec eux des épouses celtes), les Féroïens présentent le plus haut niveau d’ascendance celte maternelle, renforçant l’idée qu’une population celte ait pu précéder les Vikings.

Selon les auteurs de l’étude, des recherches supplémentaires seront nécessaires afin de déterminer si des populations celtiques ont pu atteindre d’autres régions de l’Atlantique Nord au cours de cette période.

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