— Elizaveta Galitckaia / Shutterstock.com

Des chercheurs américains ont estimé qu’une espèce de coléoptère se nourrissant principalement du pollen hautement allergène de l’ambroisie, herbe invasive très répandue qui affecterait chaque année 13,5 millions de personnes en Europe, permettrait de limiter efficacement sa prolifération.

Des bénéfices concrets

Se basant sur le nombre de personnes touchées par les allergies saisonnières en Europe, les chercheurs ont estimé que les pertes économiques associées dépassaient sept milliards d’euros chaque année. Publiée dans la revue Nature Communications, cette nouvelle étude suggère que le coléoptère Ophraella communa permettrait de réduire largement la prolifération de l’ambroisie à feuilles d’armoise, étant donné que son pollen constitue la principale source d’alimentation de cette espèce d’insecte.

« Nos estimations prudentes indiquent que le contrôle biologique dAmbrosia artemisiifolia par Ophraella communa occasionnerait une baisse du nombre de patients européens souffrant d’allergies d’environ 2,3 millions et des coûts de santé de près d’1,1 milliard d’euros par an », a déclaré Sandro Steinbach, chercheur à l’université du Connecticut et principal auteur de l’étude. « Sachant que les coûts futurs de cette approche seront pratiquement nuls puisque le coléoptère s’est établi de manière permanente en Europe et se propage de lui-même. »

Des études de terrain en Italie ont démontré que le coléoptère pouvait réduire le pollen de l’ambroisie de 82 %. Dans la région de Milan, où l’insecte avait été repéré pour la première fois, jusqu’à 100 % des plantes d’ambroisie étaient attaquées par les coléoptères, et les dommages causés suffisants pour empêcher leur floraison et la libération concomitante de pollen

« Jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de preuve de dommages significatifs causés par ce coléoptère à d’autres plantes »

Si les auteurs de l’étude craignaient au départ qu’Ophraella communa puisse se révéler nuisible à certaines cultures, et plus particulièrement les tournesols, comme l’avaient suggéré des tests réalisés en laboratoire, les études de terrain menées en Chine et dans différents pays d’Europe ne l’ont jusqu’à présent pas confirmé.

« Parce que O. communa avait été introduit accidentellement en Europe et n’avait jusqu’à présent pas fait l’objet d’une évaluation approfondie concernant les risques typiques que sa propagation pouvait engendrer, nous avons cherché à savoir si cette espèce de coléoptère pouvait s’avérer nuisible pour les espèces végétales européennes », estime Urs Schaffner, co-auteur de l’étude. .

« La bonne nouvelle est qu’il n’existe qu’une seule espèce de plante indigène européenne étroitement apparentée à A. artemisiifolia. L’évaluation des risques est toujours en cours, mais jusqu’à présent, nous n’avons pas trouvé de preuve de dommages significatifs causés par ce coléoptère à d’autres plantes ou cultures », conclut le scientifique.

Répartition actuelle estimée d’Ambrosia artemisiifolia (vert clair) et d’Ophraella communa (vert et vert foncé) en Europe –
© Urs Schaffner / Sandro Steinbach / Nature Creative Commons

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