3 raisons d’aller voir Coco, le nouveau Pixar qui va vous en mettre plein les yeux !

Mercredi 29 novembre, les salles obscures hexagonales crouleront sous les copie du dernier film d’animation Pixar : Coco. Inspiré par l’exemple des créateurs Disney qui se sont emparés des récits scandinaves avec La Reine des neiges et de la mythologie polynésienne avec Vaiana, le studio à la lampe a misé sur la célébration de la culture mexicaine. Une ouverture d’esprit qui fait du bien : c’est l’un des meilleurs Pixar de cette 2e décennie ! 

 

Mexico… Mexiiiiicoooo !

Coco n’est pas le premier film à puiser dans le folklore mexicain : La Légende de Manolo sorti en 2014 avait déjà exploité le filon en créant un monde haut en couleurs où les trépassés ne vivaient que pour les festins et les célébrations. C’est peu ou prou ce à quoi ressemble Land of the dead dans Coco. Nous ne sommes pas plongés dans un univers glauque et morbide peuplé de zombies terrifiants et de cadavres suppliciés – on est dans un fil pour enfants quand même ! – mais bien dans un territoire vierge de toute atrocité ; où les squelettes peuplant cette étrange contrée habitent des barrios juchés sur des gratte-ciel et se déplacent via de tramways aériens. Et bien évidemment, les morts ne pensent qu’à s’éclater !

Au Mexique, la Fête des Morts relève du sacré. Du 31 octobre au 2 novembre, tous les habitants du pays se mettent au travail : les maisons sont décorées, les buffets sont dressés, et les ofrendas débordent de photographies des disparus. La liesse et la joie balayent l’amertume et les regrets : c’est le seul jour de l’année où les morts peuvent revenir sur terre payer une visite à leur famille ! Les vivants se déguisent et pique-niquent à même les tombes, tandis que les défunts se promènent dans les allées et les regardent tendrement entretenir leur mémoire à coup de gerbes de fleurs et d’anecdotes savoureuses. Sur le papier, célébrer les disparus plutôt que les pleurer est une merveilleuse idée. Mais chez Miguel, c’est un peu plus compliqué…

Mémoire, famille… musique !

Miguel est un jeune garçon de 12 ans qui rêve par-dessus tout de devenir musicien, comme le légendaire Ernesto de la Cruz, son arrière-arrière grand-père. Promis à un avenir radieux, le musicien préféra les sirènes de la gloire aux obligations familiales : il délaissa son épouse et leur fille Coco, l’arrière grand-mère de Miguel. Depuis ce crime de lèse majesté, la famille Rivera s’est reconvertie dans la fabrication de chaussures et abhorre la musique plus que tout autre discipline. Décidé à remporter un concours de musique organisé la Fête des Morts, Miguel s’empare de la guitare de son aïeul après que sa grand-mère a démoli la sienne quelques heures plus tôt. Quelques notes sur cet objet mystique et le voilà expédié dans le monde des morts !

Sorti dans les salles américaines à l’occasion de Thanksgiving, le film de Lee Unkrich – à qui l’on doit l’excellent Toy Story 3 – promeut des valeurs indissociables de cette fête nationale : la famille et le devoir de mémoire sont les thèmes clés du 19e long-métrage de Pixar. Propulsé dans ce monde d’outre-tombe, Miguel fait la rencontre d’Hector, un de ses ancêtres oublié du reste de sa famille et qui tient absolument à ce que le petit musicien le prenne en photo pour la déposer ensuite sur l’ofrenda. Si son souvenir venait à s’effacer de la mémoire des Rivera, il ne pourrait plus jamais revenir dans le monde des vivants et disparaîtrait à tout jamais… La meilleure manière d’honorer la mémoire des disparus n’est pas des les pleurer ni de les regretter mais bien de se souvenir d’eux, tout simplement. Et en musique, c’est encore mieux !

Pixar à son sommet 

Les petits génies du studio à la lampe affichent un impressionnant palmarès de succès critiques et publics : la trilogie Toy Story, Monstres et Compagnie, Les Indestructibles, Le Monde de Némo et Wall-E sont les millésimes incontestés du studio – auxquels nous pouvons éventuellement rajouter les dix premières minutes de Là-Haut. Mais leur entrée dans la 2e décennie de ce XXIe siècle s’est fait dans la douleur : hormis Vice Versa, tous les autres projets Pixar ont déçu presse et spectateurs tandis que Disney redore tranquillement son blason… Un contexte d’autant plus explosif que John Lasseter, le grand ponte de l’alliance Disney-Pixar, a été écarté de son siège de directeur artistique à cause de plaintes pour harcèlement sexuel. Coco n’avait donc pas le droit à l’erreur. Et bonne nouvelle : c’est une réussite complète !

Lee Unkrich nous livre un des meilleurs Pixar de cette décennie, et le plus musical de tous ! Aidé de Robert Lopez, compositeur oscarisé pour Let it go de La Reine des neiges, il nous emporte dans un tourbillon de couleurs fluorescentes : vert, bleu, jaune  et orange donnent vie à ce monde des morts que nous regrettons presque de ne pouvoir visiter de notre vivant ! Malgré un scénario légèrement cousu de fils blancs et des sempiternels bons sentiments qui dégoulinent de l’écran – si vous n’en êtes pas fans privilégiez les films japonais… – Coco est une réussite ! Il se paye même le luxe d’inclure des éléments de pop culture très créatifs : un Mac Plus condamné à être frappé par une chaussure, un ahurissant spectacle d’avant-garde dirigé sous la baguette de Frida Kahlo, un portail séparant morts et vivants extrêmement semblables aux portes enchantées de DisneylandCoco est la dernière oeuvre originale avant l’avalanche de suites prévues pour 2018 (Les Indestructibles 2) et 2019 (Toy Story 4). Pourquoi bouder son plaisir ?


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