On considère souvent les chèvres comme des animaux peu intelligents. Une étude a pourtant démontré que les chèvres seraient en fait plus douées qu’on ne le croyait. Elles seraient même capables de comprendre les êtres humains, ou du moins les gestes de la main, notamment celui qui consiste à pointer quelque chose du doigt.

Un mode de compréhension similaire à ceux des chiens et des chevaux

Une équipe de chercheurs internationaux a découvert que les chèvres, comme les chiens et les chevaux, sont capables d’interpréter certains signaux humains. Elles sont notamment capables de comprendre ce qu’un humain veut dire lorsqu’il pointe du doigt. Pour en arriver à cette conclusion, les chercheurs ont mené une série d’expériences sur 141 chèvres du Buttercups Sanctuary for Goats, dans le Kent, au Royaume-Uni. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Frontiers in Psychology. L’une des expériences consistait à faire choisir un seau par la chèvre.

Pour ce faire, les chercheurs ont mis deux seaux dans un enclos avec une chèvre et un chercheur. L’un des seaux contenait de la nourriture et l’autre était vide. Les deux seaux étaient placés à égale distance du scientifique. Les chèvres se sont dirigées vers le seau contenant de la nourriture et les scientifiques ont alors pointé du doigt ce seau. Cette expérience préliminaire a été conçue pour évaluer le niveau de compréhension des gestes humains chez les chèvres. Cette première expérience a été réalisée avec 20 chèvres différentes, lesquelles ont été jugées suffisamment adaptées à des tests cognitifs.

Une fois que ce premier test a été concluant et que les chèvres ont compris la signification du geste, des moyens de pointage du doigt plus compliqués ont été utilisés, notamment du pointage proximal (le bras entier du chercheur pointe vers le seau), du pointage croisé (seuls la main et le poignet indiquent où il pointe du doigt) et du pointage asymétrique (le chercheur se tient devant le seau vide, mais pointe du doigt le seau de nourriture). Parfois, la position des seaux a également été interchangée. Si, dans certains cas, les chèvres ont été récalcitrantes face à l’expérience, dans l’ensemble, les tests ont été concluants.

— Norrapat Thepnarin / Shutterstock.com

Une étude pour mieux comprendre les chèvres et mettre un frein sur la maltraitance des animaux dans le milieu industriel

Ces expériences ont ainsi montré que les chèvres sont effectivement aptes à comprendre certains gestes de la main, comme le fait de pointer du doigt un objet. Quant à savoir pourquoi les scientifiques ont réalisé cette expérience, le Dr Alan McElligott, auteur principal de l’étude, a expliqué que lui et son équipe cherchaient à avoir une meilleure compréhension sur la façon dont l’être humain interagit avec les animaux de ferme ainsi que les autres espèces. Il espère également que cette étude pourra améliorer le traitement et le bien-être des chèvres dans les milieux industriels. En effet, les chercheurs, qui ont travaillé en étroite collaboration avec l’organisation de protection des animaux Farm Sanctuary, ont pointé du doigt le traitement exécrable des chèvres dans l’industrie de la consommation.

Par ailleurs, le Dr McElligott a expliqué dans un communiqué que leur choix s’est tout particulièrement porté sur les chèvres parce que : « Les chèvres ont été les premières espèces de bétail à être domestiquées il y a environ 10 000 ans. De nos recherches antérieures, nous savons déjà que les chèvres sont plus intelligentes que leur réputation ne le suggère, mais ces résultats montrent comment elles peuvent percevoir les signaux et interagir avec les humains même si elles n’ont pas été domestiquées comme animaux de compagnie ou animaux de travail. »

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