En se perchant sur les arbres, les chèvres contribuent à la biodiversité et à l’économie du Maroc

Perchées parfois à 8 m de haut pour trouver leur nourriture, les chèvres domestiques contribuent à la biodiversité et à l’économie du Maroc en recrachant les graines de l’arganier, dont on tire l’amendon pour l’huile d’argan.

Pourquoi les chèvres vont-elles se jucher sur les arbres ?

Ces chèvres, qui n’hésitent pas à grimper sur les arbres aux fines branches, sont des Capra aegargus hircus. Autrement dit, des chèvres domestiques. Elles apprennent leur sens de l’équilibre grâce aux éleveurs, qui les aident dès leur plus jeune âge à se jucher sur les plus basses branches. Mais pourquoi donc ?

Ces chèvres se contenteraient bien de brouter l’herbe des prairies. Seulement voilà : le sud-ouest du Maroc ne reçoit que 300 mm de pluie par an. Le sol est donc aride et les chèvres n’y trouvent pas de quoi se nourrir suffisamment. Elles escaladent donc l’arganier, célèbre arbuste endémique du Maroc et de l’Algérie, pour déguster leurs fruits, les affiaches.

Disperser les graines en les crachant

On a tendance à penser que les graines sont dispersées par les animaux qui les consomment puis les défèquent. Or, dans une étude publiée dans la revue Frontiers in Ecology and the Environment, des scientifiques expliquent que le noyau est trop gros pour passer dans les intestins. Les chèvres recrachent donc le noyau immédiatement après avoir mangé la chair de l’affiache, du haut de l’arbre. Avec la hauteur et la force de projection, la graine se retrouve suffisamment loin de l’arbre source pour avoir de bonnes chances de germer.

Ce système de dispersion est très important pour l’arganier car les chèvres peuvent passer sur ses branches jusqu’à 74 % de leur temps consacré à manger. De plus, ce comportement est vite acquis chez les chevreaux grâce à l’aide des éleveurs. Les Marocains aussi y trouvent leur compte, car l’huile d’argan est un secteur très lucratif.

Un mécanisme pas si original

Original, ce système ? Pas tant que ça. Même, il pourrait s’agir du moyen de dispersion des graines par les animaux le plus répandu. En effet, pour les chercheurs, « les graines de nombreuses espèces ont peu de chances de survivre à un passage à travers le tube digestif inférieur des ruminants alors recracher la graine est le seul, ou tout du moins le principal, mécanisme de dispersion ». En outre, ce phénomène est déjà connu chez les moutons ou les cerfs.


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