Développée par des chercheurs américains, cette nouvelle méthode de diffusion « furtive » permettrait la mise en place de traitements chimiothérapeutiques limitant les réactions de défense des cellules cancéreuses. Explications.

Un véritable « cheval de Troie »

En « déguisant » les molécules de chimiothérapie en matières grasses, dont les tumeurs cancéreuses se nourrissent afin de se développer, celle nouvelle méthode est capable de tromper leur vigilance, et de permettre aux traitements administrés de les détruire de l’intérieur. Dans le cadre d’essais réalisés sur des animaux, les chercheurs ont constaté qu’il était possible de pénétrer et de détruire les tumeurs de trois types courants de cancer (os, côlon et pancréas). Le médicament administré se révèle par ailleurs moins toxique que ceux actuellement utilisés. Il entraînerait par conséquent beaucoup moins d’effets secondaires.

Pour cette étude, présentée dans Science Daily, les chercheurs ont utilisé cette nouvelle méthode de diffusion pour transporter le paclitaxel, une molécule chimiothérapeutique commune approuvée par la Food and Drugs Administration (administration américaine des denrées alimentaires et des médicaments). Comme l’a expliqué Nathan Gianneschi, scientifique à l’université Northwestern ayant conduit les recherches : « C’est comme un cheval de Troie. Ça ressemble à un acide gras standard, donc les récepteurs de la tumeur le voient et l’invitent à entrer. Le médicament va ensuite commencer à se métaboliser et tuer les cellules cancéreuses. »

Un traitement plus efficace et plus sûr

Pour le professeur Workman, directeur général de l’Institut du cancer aux États-Unis, « la capacité du cancer à s’adapter, évoluer et devenir résistant aux médicaments est la cause de la grande majorité des décès dus à la maladie » et représente « le plus grand défi que nous devons relever pour la surmonter ». Théoriquement, cette nouvelle méthode ne déclenche pas cette « évolution » rendant les cellules cancéreuses résistantes au traitement après la première chimiothérapie, et permettrait d’administrer une dose 20 fois plus élevée que la dose standard, tout en continuant d’offrir un traitement 15 fois plus sûr.

« Les médicaments à petites molécules couramment utilisés pénètrent dans les tumeurs, ainsi que d’autres cellules », a par ailleurs précisé Nathan Gianneschi. « Ils sont toxiques pour les tumeurs mais également pour les humains. Par conséquent, les médicaments généralement employés peuvent donner lieu à des effets secondaires terribles. Notre objectif est d’augmenter la quantité qui pénètre dans la tumeur par rapport aux autres cellules et tissus. Cela nous permet de doser des quantités beaucoup plus élevées sans effet secondaire, et donc de détruire les tumeurs plus rapidement. »

fusebulb / Shutterstock.com

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