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Considéré comme une part importante du patrimoine de la ville et du pays, cet imposant chêne rouge âgé d’environ 300 ans a poussé à l’époque où les colons français ont établi un poste de traite sur les rives du lac Ontario.

Un avenir en pointillés

Haut de 24 mètres et doté d’un tronc de cinq mètres de circonférence, ce chêne rouge tricentenaire situé dans l’arrière-cour d’un petit pavillon du quartier résidentiel de North York est loin de passer inaperçu. Si la ville de Toronto et ses habitants tentent de sauver depuis plusieurs années ce majestueux arbre aux branches imposantes, qui pourrait vivre encore 200 ans avec les soins et les conditions nécessaires selon les experts, leurs efforts ont dernièrement été compliqués par la pandémie de coronavirus.

Tout commence en 2016. À l’époque, le nouveau propriétaire des lieux se dit inquiet des coûts liés à l’entretien de l’arbre et redoute que ses racines puissent représenter une menace pour la structure de la maison, tandis que les habitants du quartier craignent de voir le chêne dépérir ou être endommagé par une tempête. Afin de le sauver et de permettre à tous d’en profiter, le conseil municipal de Toronto propose de racheter la propriété, dans l’optique de raser le pavillon et de transformer son terrain en un petit parc public. Courant 2019, un accord est conclu avec le propriétaire.

Toutefois, pour que la transaction puisse être effectuée, la ville de Toronto exige que la moitié du montant soit assurée par des dons privés d’ici la fin de l’année en cours. Lancée en décembre dernier, la collecte de fonds a pour objectif de réunir quelque 430 000 dollars. Mais en dépit de débuts prometteurs, celle-ci connait un coup d’arrêt en raison de la pandémie de coronavirus, tant et si bien qu’à la mi-juillet, seuls 30 % du montant nécessaire ont été récoltés. Ce qui se traduit, pour l’instant, par un avenir en pointillés pour le chêne.

« Il raconte l’histoire de notre pays »

L’arbre se trouve le long d’un ancien sentier de la vallée de l’Humber, reliant les lacs Ontario et Simcoe. Utilisée à l’origine par les peuples indigènes, cette route commerciale a plus tard été exploitée par les colons européens pour la traite des fourrures. Selon l’historienne Madeleine McDowell, à cette époque, les voyageurs se servaient des arbres les plus imposants comme points de repère, et il est probable que ce chêne rouge était déjà assez grand lorsque la France a cédé ce territoire à la Grande-Bretagne, où elle établirait en 1793 la ville de York, qui deviendrait plus tard Toronto.

« Lorsque des choses horribles se produisent, je viens ici au lieu de me rendre dans une église. Cet arbre est ma cathédrale », explique Edith George, riveraine se battant depuis plus d’une dizaine d’années pour assurer l’avenir du chêne. « Il fait partie du patrimoine de Toronto et du patrimoine du Canada », souligne de son côté Manjit Jheeta, qui dirige le bureau des partenariats de la ville. « Il raconte l’histoire de notre pays. »

Preuve de l’importance de l’arbre, Toronto a inauguré l’année dernière une plaque commémorative en son honneur, ce qui constitue une première au sein de la métropole canadienne. Il se trouve que la valeur du chêne n’est pas uniquement historique, puisque, selon les experts, celui-ci stocke à lui seul plus de 11 tonnes de CO2.

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