Quand on voit un chef d’orchestre agiter les bras dans tous les sens, et affichant tour à tour un visage imperturbable ou une passion extrême, beaucoup se demandent ce qu’il apporte au reste de l’orchestre. Anne Midgette, critique de musique classique, nous explique pourquoi ces gestes sont si importants.

Dans le monde de la musique classique, le chef d’orchestre est sans aucun doute l’un des personnages les plus emblématiques, mais aussi l’un des plus incompris. Par ailleurs, nombreux sont ceux qui se demandent si avoir un maestro est vraiment utile dans la mesure où certains orchestres n’en ont pas, comme c’est le cas de l’Orpheus Chamber Orchestra. Et pourtant, ils le sont, dans la mesure où ils assurent un parfait suivi de la rythmique de la musique, et qu’ils jouent un rôle de conciliateur et de communicateur au sein de l’orchestre.

Le chef d’orchestre : le maître du tempo

En effet, le premier rôle d’un chef d’orchestre est avant tout de battre la mesure afin de donner le tempo au reste de l’orchestre qui, rappelons-le, peut être constitué d’une centaine de musiciens. Bien évidemment, un orchestre n’a pas obligatoirement besoin d’un maestro pour garder le tempo, mais les experts entendront une nette différence entre un orchestre en parfaite cohésion grâce à un chef d’orchestre, et un autre dont l’opinion personnelle de chaque musicien sera mise en exergue.

Ainsi, le chef d’orchestre sert de guide à tous les membres de l’orchestre, afin qu’aucun d’entre eux ne se trompe sur le moment exact où il faut introduire tel ou tel instrument, quand il faut augmenter le volume, ou encore quand il faut effectuer un changement brusque du tempo. De plus, en tant que compositeur, le maestro ajoute également une valeur plus artistique encore à l’orchestre grâce à la manière même dont il module son art et dont il s’exprime face à son orchestre et à son public lors de la conduction.

Le maestro : un rôle au-delà du tempo

Comme dans tout autre domaine en dehors de la musique, diriger implique du leadership et donc de la communication. Ainsi, un chef d’orchestre doit savoir communiquer son art au reste des membres de l’orchestre afin d’interpréter une musique dans les règles de l’art. Cette manière dont les maestros communiquent est tout à fait perceptible d’un orchestre à un autre. Il est d’ailleurs aisé de faire la différence entre les chefs d’orchestre en identifiant les subtilités de leurs styles en comparant deux titres identiques, mais dirigés par deux maestros différents.

Quant à leur façon de communiquer, il s’agira essentiellement de transmettre les informations avec les gestes. C’est une tâche difficile dans la mesure où chaque maestro a son propre style, et qu’un chef d’orchestre ne reste pas forcément avec les mêmes musiciens tout au long de sa carrière. Ainsi, faire comprendre sa manière de transmettre une interprétation pour donner vie à une participation est un défi de taille pour les chefs d’orchestre.   

Enfin, bien au-delà de la communication avec ses pairs, le maestro doit également communiquer avec son public. Dans toutes ses gestuelles et ses expressions, le maestro est également sur scène pour offrir un spectacle visuel à son public, et ainsi donner une autre dimension à l’émotion et à l’énergie contenues dans son œuvre.  

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