Alors que la France connaît une vague de fraîcheur hivernale, chez nos amis australiens c’est tout l’inverse ! Causée par le réchauffement climatique, une immense vague de chaleur s’est abattue sur le pays. Cette dernière s’avère meurtrière pour les chauves-souris du pays, décimées par milliers : une catastrophe qui fait craindre pour la survie de l’espèce mais qui inquiète également les autorités, soucieuses d’éviter une crise sanitaire.

Des pertes par millier au nord de l’Australie 

Habituellement citée pour sa riche biodiversité, la petite ville de Cairns, située dans l’Etat du Queensland entre la Grande Barrière de Corail et la la forêt tropicale, connaît une vague de chaleur impressionnante qui met en péril le statut de certaines espèces. Si la saison sèche est désormais terminée et laisse doucement place à la saison des pluies, les températures n’ont malheureusement pas baissé, et ont affiché ses derniers jours 42° pendant plusieurs jours d’affilée.

Conséquence directe de cette vague de chaleur inédite, près de 46 000 cadavres de chauves-souris roussette (ou flying fox), ont été retrouvés au pied des arbres.

Justin Welbergen, écologiste de l’Institut pour l’environnement de Hawkesbury à Sydney, a souligné à ABC News le danger que représentaient ces pertes sur des espèces déjà fragiles : « On estime qu’il ya environ 75 000 renards volants à lunettes (ou Pteroptus conspicillatus), près d’un tiers de l’espèce est morte. Cette perte doit faire passer l’espèce du statut de « vulnérable » à « en voie de disparition ».

Christian Vincenot, professeur à l’université de Kyoto, rappelle également que « c’est d’autant plus dramatique que que les renards volants à lunettes souffrent déjà d’une très mauvaise image. La cohabitation avec l’homme n’est pas évidente. Ce sont des animaux bruyants et odorants qui vivent dans des colonies très importantes, on n’imagine donc pas qu’ils puissent être en danger. Toutes les études montrent pourtant que leur nombre diminue. Cette crise risque de leur être très préjudiciable ».

D’une catastrophe écologique à une catastrophe sanitaire ?

Cet amoncellement de cadavres est problématique dans la région : mouches, serpents, chiens sauvages entre autres sont attirés par les cadavres en putréfaction. Pire encore, 1% de la population sauvage serait porteuse du virus Lyssavirus, donc de la rage, et le nombre d’animaux morts ou blessés induit une obligation du contact humain par souci d’hygiène, même parmi les spécimens touchés par le virus.

Pour remédier à cette situation, les bénévoles de la société protectrice des chauves-souris de Cairns (Bats & Trees Society of Cairns) se sont donnés pour mission d’empaqueter les cadavres, et accomplissent un formidable travail de préservation en vaporisant les arbres de la ville afin de refroidir et d’hydrater les survivants. Les animaux les plus mal en point sont également pris en charge par l’association et généralement emmitouflés dans du linge humide.

Pour Christian Vincenot, la possible disparition des renards volants pourrait fortement impacter l’écosystème australien tout entier car « les renards volants ont un rôle très important dans le maintien de la biodiversité particulièrement sur les îles ».

Cependant , il rappelle que le phénomène n’est pas nouveau et pourrait s’étendre davantage si aucun effort de sauvegarde n’est fait pour certaines espèces : « Si le phénomène est visible cette fois, on sait depuis plusieurs années que les populations d’insectes subissent les mêmes catastrophes ».

Une canicule qui inquiète donc autant les écologistes que les autorités sanitaires et qui pourrait mettre en danger d’autres espèces, en particulier si les températures liées au réchauffement climatique ne cessent de croître durant les années à venir …

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