Si vous apercevez dans les arbres de petits bâtons couverts de glu, c’est qu’une chasse aux oiseaux est en cours. Alors que la saison de la chasse se termine prochainement, le Conseil d’État a validé la pratique de cette technique très controversée. Une nouvelle qui indigne la Ligue de Protection des Oiseaux, qui souhaite déposer un recours en vue de l’interdire.

 

EN QUOI CONSISTE LA CHASSE À LA GLU ?

Pratiquée en France mais aussi dans d’autres pays du monde comme l’Afrique du Sud, l’Espagne ou l’Asie, la chasse à la glu est une tradition évoquée dès le IVe siècle av J.C. Celle-ci permet aux chasseurs de capturer des oiseaux en déposant sur des branches de la glu faite à base d’écorces de houx (aussi appelé gluau).

Cette méthode sert essentiellement à attraper des grives ou des merles, mais d’autres espèces peuvent également être prises au piège. Cependant, la Ligue de Protection des Oiseaux s’oppose à cette technique, d’autant qu’en France, elle est officiellement autorisée depuis le 28 décembre.

 

UNE PRATIQUE AUTORISÉE DANS QUELQUES DÉPARTEMENTS

C’est à cette date que le Conseil d’Etat français a validé la pratique de la chasse à la glu dans 5 départements : les Alpes-de-Haute-Provence, les Alpes-Maritimes, les Bouches-du-Rhône, le Var et le Vaucluse. Une nouvelle qui réjouit l’Association de défense des chasses traditionnelles à la grive (ANDCTG) dont le président à déclaré qu’il s’agit là d’une « victoire contre les mensonges et l’idéologie ».

« Les opposants disent sans arrêt que la chasse à la glu n’est pas sélective, que les oiseaux sont abîmés et maltraités : c’est complètement faux ! Les oiseaux sont attrapés, nettoyés et ils vivent très longtemps en volière. Si nous voulons que l’oiseau chante, il faut qu’il soit entretenu. » Or, d’après la LPO, cette chasse a des conséquences désastreuses sur les animaux.

 

UNE CHASSE « AUX EFFETS IRRÉVERSIBLES » 

Dans le cadre de son projet de recours, la LPO a présenté au Conseil d’État les avis émis par des vétérinaires sur la chasse à la glu. La méthode a des répercussions sur les animaux qui peuvent aller jusqu’à la mort et a aussi un impact néfaste sur la biodiversité. Autant d’éléments qu’Yves Vérilhac, directeur générale de la LPO a évoqué dans une déclaration :

« Les oiseaux sont fragiles. Les manipuler pour les dégager de la glu, les nettoyer avec de l’essence F4 a des conséquences. Nous avons plusieurs exemples d’espèces protégées tuées. Nous avons trouvé englués des mésanges, des fauvettes, des gros-becs, récemment un faucon crécerelle. Donc, très clairement, cette pratique n’est pas sélective. La biodiversité est en chute libre : -30 % sur les oiseaux des champs. Jouer à coller des oiseaux, c’est dépassé. »

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