Alors que le paludisme fait des ravages en Afrique, des chercheurs ont peut-être trouvé la solution pour limiter la propagation de la maladie. En modifiant un champignon, ils ont réussi à éliminer tous les insectes infectés, enfermés dans une serre.

LE PALUDISME, UNE MALADIE EN PLEINE RECRUDESCENCE

La lutte contre le paludisme est un combat que des spécialistes livrent depuis de nombreuses années. Aussi appelée malaria, cette maladie touche principalement des enfants de moins de 5 ans et des femmes enceintes. 80% des personnes touchées se trouvent en Afrique et chaque année, la maladie touche 220 millions de personnes.

Le paludisme est surtout transmis par les piqûres de moustiques infestés par le plasmodium. Ce parasite envahit progressivement le corps de l’insecte jusqu’à atteindre sa glande salivaire. Si les vaccins sont toujours en cours de développement, les chercheurs estiment qu’éliminer les porteurs est une solution plus simple pour éviter la propagation.

COMMENT LE CHAMPIGNON A-T-IL ÉRADIQUÉ LES MOUSTIQUES PORTEURS DE LA MALADIE ?

Pour éliminer les moustiques infectés, des chercheurs ont réalisé une expérience dans une mosquitosphère. Cette structure de 600m² a été installée dans le village de Soumousso (Burkina Faso). Sous ses airs de serre, la mosquitosphère abrite une reproduction d’un environnement classique avec des plantes, des sources d’eau, des maisons et des moustiques.

Elle abrite également 1 500 moustiques qui se sont multipliés. Une fois les insectes lâchés, les chercheurs ont introduit le Metarhizium. Ce champignon qu’ils ont génétiquement modifié produit une toxine mortelle similaire à celle qu’on trouve chez certaines araignées australiennes. 99 % des moustiques ont été éliminés en 45 jours seulement. Mais le champignon n’a touché aucun autre insecte, comme l’explique l’étude.

Une blatte tuée par le champignon utilisé par les chercheurs
© Wikipedia / Chengshu Wang and Yuxian Xia

L’ÉVOLUTION D’UN TRAITEMENT VIEUX DE 40 ANS

Ce n’est pas la première fois que des chercheurs tentent d’éradiquer le paludisme à la source. Le village avait déjà connu une expérience similaire dans les années 80. A cette époque, les chercheurs avaient imprégné des moustiquaires d’insecticide pour éliminer les animaux porteurs de la maladie. Cependant, cela n’a été efficace qu’à court terme car les moustiques sont devenus moins sensibles aux insecticides.

Cette nouvelle méthode pourrait permettre de réduire la propagation du paludisme sans pour autant exterminer tous les moustiques. Néanmoins, les champignons peuvent être dangereux car ils sont génétiquement modifiés. Les chercheurs doivent donc encore étudier les champignons avant de les répandre dans la nature sous peine de troubler l’écosystème.

Avec ce champignon, les chercheurs pourraient éliminer les moustiques porteurs de la maladie

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