Il existe une variété particulière de champignons qui joue un grand rôle dans notre écosystème. Il s’agit des champignons mycorhiziens arbusculaires ou appelés également mycorhizes arbusculaires (CMA). Ces champignons colonisent de nombreuses plantes dans le monde entier et entretiennent avec elles, ce que l’on pourrait à juste titre qualifier de relation commerciale.

Comment se passent les échanges entre champignons et plantes ?

Il se trouve que les champignons et les plantes communiquent entre eux via leurs racines. En effet, il faut savoir que les champignons mycorhiziens arbusculaires colonisent une grande partie des plantes terrestres sur lesquelles ils étendent leurs réseaux élaborés de fins filaments blancs. C’est via ces filaments blancs des champignons et les racines des plantes que se font les échanges.

Mais ici, le caractère des échanges est un peu particulier. En effet, la nature des choses échangées n’est autre que des ressources telles que le phosphore et le carbone.

Les champignons mycorhiziens arbusculaires endossent le rôle de transporteurs de ressources à travers les sols du monde entier. Pour ce faire, ils délivrent du phosphore et d’autres éléments nutritifs aux plantes qui en ont besoin ou qui en sont rarement pourvues et en échange, ces dernières donnent une quantité de carbone variable aux champignons.

En effet, on dit variable puisque plus les champignons transportent des éléments nutritifs auprès des plantes nécessiteuses et plus le taux de carbone qu’ils retirent d’elles est conséquent. En d’autres termes, on voit à travers ce mécanisme de la nature, des détails que nous, êtres humains, nous utilisons dans nos propres relations commerciales.

En échange de ces nutriments, les champignons collectent du carbone © Wikipédia / André-Ph. D. Picard / CC BY-SA 3.0

Démonstration scientifique

Pour démontrer ces faits, une biologiste de l’évolution de l’Université d’Amsterdam aux Pays-Bas, Toby Kiers, a mis en place avec ses collègues un système pour observer ces échanges. Pour y parvenir, ils ont utilisé des points quantiques, qui sont des particules luminescentes de différentes couleurs, pour observer le transport du phosphore des champignons aux plantes et ce, dans deux zones différentes.

Dans une zone, les plantes avaient grandement besoin de ce minéral tandis que dans l’autre zone, le besoin en phosphore des plantes n’était pas si marqué. Les résultats de l’étude ont été publiés dans la revue Cell.

Ces types de champignons savent s’adapter à leur environnement

Résultat de l’expérience

Il en a résulté que les champignons distribuaient inégalement leur phosphore aux plantes. Du côté des plantes dans le besoin, les champignons pouvaient délivrer de 70 à 90 % de phosphore tandis que sur la zone où ce besoin était minime, la quantité de phosphore amenée par les champignons ne frôlait que les 30 ou les 10 %.

David Johnson, un écologiste des sols travaillant à l’Université de Manchester au Royaume-Uni, voit en ces champignons de vrais gestionnaires de ressources. Selon lui, le champignon participe grandement à la symbiose de l’environnement du fait qu’il est doté de la capacité d’acheminer des ressources en fonction des conditions et besoins environnementaux. Mais le plus intéressant est que ces champignons intelligents ne sont pourtant pas dotés de système nerveux leur permettant d’avoir ces connaissances en gestion. Alors d’où leur vient cette capacité à gérer aussi bien les ressources et les besoins des plantes ?

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