— Alex Mit / Shutterstock.com

Recensant de nouveaux systèmes binaires, astres variables et autres objets célestes, la troisième publication de données de la mission Gaia révèle la composition et les mouvements de près de 2 milliards d’étoiles de la Voie lactée.

Un aperçu vertigineux de notre galaxie

Le satellite Gaia a été lancé en 2013 dans le but de réaliser un « recensement galactique » sans précédent et de créer la carte 3D de la Voie lactée la plus complète jamais réalisée. En 2016, la première publication de données avait révélé les coordonnées d’1,1 milliard d’astres. Dévoilée en 2020, la seconde a fait grimper ce chiffre à 1,7 milliard, tout en détaillant les mouvements d’1,3 milliard d’entre eux.

Récemment rendue publique, la troisième et dernière publication en date couvre 1,8 milliard d’étoiles et comprend des données sur leur composition chimique, température, couleur, masse, âge, mouvement et classification.

Sur ces 1,8 milliard d’astres, 1,5 milliard ont été classés comme des types particuliers d’étoiles. Des données sur la luminosité, la couleur (photométrie), la position, la distance et les mouvements propres (astrométrie) sont disponibles pour un nombre similaire d’étoiles. Un nouveau lot de données spectroscopiques, obtenues en décomposant la lumière des étoiles en ses couleurs constitutives, a été réalisé en basse résolution pour 470 millions d’entre elles, et en haute résolution pour 5,6 millions d’astres.

Cette carte montre le mouvement en trois dimensions de 26 millions d’étoiles de la Voie lactée — © ESA / Gaia / DPAC

Cette approche a permis de déterminer que les étoiles proches du centre galactique avaient tendance à présenter une métallicité plus élevée que celles situées à sa périphérie. Ce qui en dit long sur l’évolution des étoiles dans les différentes régions, puisque les métaux lourds sont générés lorsque de vieilles étoiles meurent, et « engloutis » par les nouveaux astres nés de leurs cendres.

Des données précieuses

Gaia a détecté les tremblements de milliers d’étoiles, vibrations à grande échelle se propageant à leur surface. Il est intéressant de noter que ces phénomènes concernaient de nombreuses étoiles n’étant pas censées en produire, ce qui soulève de nouvelles questions. Évaluant la rapidité à laquelle un astre se rapproche ou s’éloigne de la Terre, la vitesse radiale a pu être établie pour 33 millions d’entre eux.

Il s’est par ailleurs avéré que la luminosité d’environ 10 millions d’étoiles changeait au fil du temps, et 813 000 systèmes abritant deux astres mutuellement en orbite ont été identifiés. Selon les auteurs de l’étude, à paraitre dans la revue Astronomy & Astrophysics, il s’agit du plus vaste catalogue d’étoiles variables et binaires à ce jour.

Le télescope spatial a également recueilli des données sur 156 000 astéroïdes et 31 lunes du Système solaire, 2,9 millions d’autres galaxies (luminosité, couleur, forme et historique de formation stellaire) et 1,9 million de quasars (décalage vers le rouge, luminosité et couleur).

Carte de la métallicité des étoiles de la Voie lactée, allant d’une faible (bleu) à une forte teneur en métal (rouge) — © ESA / Gaia / DPAC
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