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Canicule : faut-il vraiment fermer complètement ses volets pour garder son logement au frais ?

En été, quelques fentes dans les volets donnent l’illusion d’un logement qui respire. Pourtant, quand l’air du dehors dépasse celui de l’intérieur, ce petit geste peut transformer l’appartement en serre. Alors, faut-il tout fermer ou laisser circuler l’air ? La réponse réserve une surprise très concrète.

Salon lumineux avec volets fermés, thermomètre sur une table et lumière d’été filtrée pendant une canicule.
Fermer les volets avant que le soleil ne frappe les fenêtres aide à limiter l’entrée de chaleur dans le logement – DailyGeekShow.com / Image Illustration

Les volets bloquent le rayonnement solaire avant qu’il ne transforme le logement en serre

Quand la chaleur s’installe, beaucoup de logements deviennent des pièges lents. Les murs gardent la mémoire du soleil, les vitres laissent passer un rayonnement redoutable, et la pièce se charge comme une batterie thermique. C’est précisément là que les volets entrent en scène, non comme un détail de confort, mais comme une barrière extérieure décisive.

Le point clé est presque contre-intuitif. Une fois que le soleil traverse la fenêtre, il réchauffe le sol, les meubles et les cloisons, puis cette énergie reste prisonnière. C’est l’effet de serre domestique dans sa version la plus banale. L’ADEME rappelle ainsi qu’il faut fermer les volets avant que le soleil ne frappe les fenêtres, et non quand la pièce est déjà brûlante.

Cette logique explique pourquoi les protections placées dehors font souvent mieux que les rideaux tirés à l’intérieur. Le Cerema, qui travaille sur le confort d’été des bâtiments, souligne lui aussi l’importance des protections solaires extérieures pour réduire les apports. En clair, le bon geste consiste moins à rafraîchir l’air qu’à empêcher la chaleur d’entrer.

Laisser des fentes ouvertes fait souvent entrer un air plus chaud que celui du logement

Laisser quelques interstices ouverts donne une sensation psychologique très forte. L’air circule, les volets vibrent un peu, la pièce semble moins étouffante. Mais si dehors il fait 35 à 40 °C, cet appel d’air n’apporte pas une fraîcheur cachée. Il remplace simplement un air un peu moins chaud par un air franchement plus chaud.

Le ministère de la Santé et Météo-France martèlent d’ailleurs le même réflexe lors des épisodes sévères : en journée, il faut fermer volets, rideaux et fenêtres, puis aérer la nuit. Ce conseil paraît austère, presque excessif, mais il repose sur une idée simple. En période de canicule, le courant d’air n’est utile que si l’extérieur devient plus frais que l’intérieur.

L’aération devient efficace seulement quand l’air extérieur repasse sous la température intérieure

Le logement ne se défend pas toute la journée de la même manière. Au lever du jour, ou tard le soir, une fenêtre ouverte peut redevenir une alliée précieuse. C’est le principe du rafraîchissement passif : profiter des heures où l’air extérieur redevient supportable pour évacuer une partie de la chaleur accumulée par les murs, les plafonds et les meubles.

Dans les faits, cela impose presque un petit scénario quotidien. Aération large à l’aube, fermeture des fenêtres dès que la température grimpe, puis occultation complète des façades exposées. L’ADEME recommande même de ne pas attendre midi, car la chaleur peut monter très vite dès la matinée. Quelques dizaines de minutes d’hésitation suffisent parfois à faire perdre les bénéfices de la nuit.

L’orientation change aussi la donne. Une façade sud ou ouest, frappée pendant des heures, n’obéit pas aux mêmes règles qu’une pièce au nord. Sous les toits, la stratégie doit être encore plus stricte, car le logement reçoit de la chaleur par les vitrages mais aussi par l’enveloppe. Autrement dit, tous les volets ne se pilotent pas pareil, même dans un même appartement.

L’orientation du logement et l’ombre disponible changent la bonne stratégie pièce par pièce

Fermer complètement les volets en pleine journée reste donc, dans la plupart des cas, le meilleur choix. Cela ne veut pas dire vivre dans le noir sans réfléchir. Dans un logement traversant, une circulation limitée peut rester intéressante dans une zone totalement ombragée, à condition de vérifier qu’il fait réellement plus frais dehors que dedans. Un simple thermomètre intérieur change souvent la décision.

Ce vieux réflexe, hérité des maisons d’autrefois, rejoint aujourd’hui les meilleures stratégies contre la chaleur. À mesure que les canicules s’intensifient, savoir quand fermer devient presque aussi crucial que savoir quand ouvrir. Au fond, il ne s’agit plus seulement de garder un logement supportable, mais de réapprendre à vivre l’été.

Par Gabrielle Andriamanjatoson, le

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