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Les calaos pies démontrent des aptitudes cognitives comparables à celles des grands singes

Pas vraiment des cervelles de moineau

calaos-pies
— Don Mammoser / Shutterstock.com

Si les perroquets et les corvidés sont depuis longtemps réputés pour leur intelligence, une récente série de tests a permis de mettre en lumière les capacités cognitives impressionnantes du calao pie.

La permanence de l’objet

Concept central en psychologie du développement, la permanence de l’objet désigne la faculté de l’enfant à concevoir qu’un objet qu’il ne voit pas (placé hors de son champ de vision ou dissimulé) continue à exister. Considérée comme un indicateur clé de l’intelligence, celle-ci constitue une condition préalable à l’acquisition de compétences cognitives plus complexes, telles que le raisonnement causal ou la planification.

Pour la quantifier, le théoricien et psychologue suisse Jean Piaget avait mis au point durant la seconde moitié du XXe siècle une échelle comportant six stades. Alors que des corvidés et des perroquets avaient précédemment atteint l’équivalent du stade 4, le calao pie (Anthracoceros albirostris) est récemment devenu le premier oiseau à atteindre le sixième.

L’idée que les oiseaux comprennent bien la permanence des objets vient du fait que, pendant la période de reproduction des calaos, la femelle se calfeutre dans la cavité creuse d’un arbre pour pondre et couver. Le mâle va régulièrement apporter de la nourriture à cette dernière, ainsi qu’à ses petits une fois les oeufs éclos, en dépit du fait qu’il ne les ait jamais vus.

Oiseaux malins

Dans le cadre de travaux publiés dans la revue Biology Letters, deux comportementalistes animaliers de l’université nationale de Singapour ont soumis plusieurs calaos pies à une série de tâches « piagétiennes ».

N’ayant jusqu’alors jamais été placés dans une situation où la récompense alimentaire était partiellement ou totalement cachée à leur vue, les oiseaux ont été entraînés à frapper l’une des trois dents d’une tige en plastique afin d’indiquer sous quel gobelet ils pensaient que celle-ci se cachait. Les dernières étapes ont impliqué l’ajout d’un contenant cubique intermédiaire (vidéo visible plus haut) afin de complexifier l’expérience.

Sur les six spécimens testés, trois ont atteint le stade six (double déplacement invisible), indiquant une compréhension de la permanence des objets comparable à celle des grands singes, et trois autres le stade cinq (double déplacement visible).

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